Le dernier kilomètre, toujours plus vite, toujours moins cher, mais pas toujours plus vert

Le dernier kilomètre est plus que jamais porteur d’innovation et de nouveaux services. Les dernières semaines n’ont pas été de reste.

Poussés par Amazon, qui a démarré à Paris, en juin, le service Amazon Prime Now, les acteurs du dernier kilomètre doivent trouver les solutions permettant de livrer plus vite et moins cher. La principale innovation apportée par Amazon, est de placer le client au cœur du métier de la livraison. C’est lui qui choisit le niveau de service et c’est à l’opérateur de mettre en place le service correspondant. Finie l’époque où le client se voit imposer les règles du jeu. Bientôt, c’est lui qui choisira quel est le prix qu’il est disposé à payer pour le transport.

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Dans ce monde de start-ups, certaines ne résistent pas à la pression du service et du client. Ainsi, la disparition récente de Take It Easy, pourtant dans un secteur particulièrement lucratif, celui de la foodtech. Il y avait probablement trop d’acteurs dans un marché fondé sur un modèle social très fragile, celui des autoentrepreneurs. La France compte plus de 1 million d’autoentrepreneurs et le transport est le premier secteur concerné, avec 100 000 acteurs supplémentaires chaque année. Le modèle de la livraison des repas est fondé sur ce mode de livraison low cost, et sur une commission élevée payée par les restaurateurs.

Est-ce une anticipation d’évolutions réglementaires probables d’un modèle qui se développe dans un vide juridique, celui de la livraison à vélo ? Ecologique, la livraison à vélo est surtout déréglementée et peu onéreuse.

Autre acteur pourtant un des pionniers du secteur, qui n’a pas pu résister à la vague déferlante des start-ups hypercapitalisées comme Deliveroo ou Stuart, Tok Tok Tok a récemment jeté l’éponge. Le ticket d’entrée pour se constituer une place dans le dernier kilomètre devient de plus en plus élevé.

Les acteurs « traditionnels » choisissent l’innovation dans les services, mais aussi dans les technologies, afin de maintenir leur place.  Ainsi, DPD, filiale de Geopost, vient d’annoncer 3 nouveaux services très innovants :

  • La livraison en une heure, entre 18h et minuit, et le samedi matin jusqu’à 14 h, dans Paris et bientôt toute l’Ile-de-France. Nous sommes déjà loin du service proposé il y a 2 ans par Colizen, qui livrait jusqu’à 22 heures et sur créneaux de 2 heures.
  • Un service de conciergerie permettant aux internautes de conserver leurs colis en attente pendant 30 jours et de les recevoir de façon regroupée.
  • Un service de drive au droit des agences DPD, donc en périphérie des grandes villes. Il s’agit des premiers drives de collecte de colis. Il est fort probable que ce modèle sera amené à se développer.

Dernière innovation de l’été, celle des robots. Si l’utilisation de drones a fait couler beaucoup d’encre et reste probablement limitée à des zones rurales complexes d’accès, celle des robots n’en est probablement qu’à ses débuts, avec notamment le test de la Poste Suisse de livraison en robot à Berne, à partir du robot-livreur développé par la société estonienne Starship. Cette société vient tout juste de présenter sur le salon Deliver One de Luxembourg le camion « kangooroo », qui sert de base de lancement de différents robots de livraison dans un quartier. Jeudi 15 septembre, c’est un inventeur français qui présentera, lors de la matinale de l’ASLOG de Lyon, un prototype de robot droïde livreur de colis.

Si l’environnement apparait en filigrane dans certaines des innovations de l’été, le principal support d’innovation reste le service, donc le client. C’est plus que jamais lui le roi du dernier kilomètre.

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