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Pourquoi Notre-Dame-des-Landes est une erreur

Au-delà de toute considération politique ou écologique, les vraies raisons qui feraient de cet aéroport une erreur sont logistiques et économiques.

ND des landes

  • Tout d’abord, la France est un des pays les plus denses au monde en aéroports. 84 aéroports recevant des passagers commerciaux sur le territoire. 66 de ces 84 aéroports se répartissent seulement 4,3% du trafic. L’Ouest de la France a probablement déjà trop d’aéroports.
  • La plupart de ces aéroports vivent de subventions que tous les passagers paient, ceci au travers de la redistribution de la taxe d’aéroport, comprise dans chaque billet d’avion. En effet, la très grande majorité de ces aéroports est déficitaire, faute de trafic.
  • Grâce aux travaux en cours de la LGV Bretagne Pays de Loire, le temps de parcours du TGV vers Paris va être réduit à seulement 1h50 de Nantes. C’est à peine plus qu’un trajet de Paris à Roissy…
  • Le transport aérien est de plus en plus centralisé au niveau de hubs mondiaux. En France, ce hub est celui de Roissy. Les lignes régulières qui pourront être créées au départ d’un nouvel aéroport ne permettront jamais d’atteindre le maillage, la fréquence et la compétitivité de Roissy, qui ne sera qu’à 1h50 de Nantes. Même avec un nouvel aéroport, la majorité des passagers nantais continueront à prendre leur avion à Roissy, qui offre choix et compétitivité.
  • Le seul segment de croissance, mais qui représente un coût énorme pour les collectivités est celui des compagnies low cost. Un nouvel aéroport sera donc un aéroport « Ryanair ». Mais la concurrence à un peu plus d’une heure de Paris est vive : Beauvais, qui a fait ses preuves dans ce domaine, mais aussi Vatry.
  • Nantes ne sera jamais un aéroport de fret important. Ce secteur, très concentré à Roissy, a vu l’émergence difficile des aéroports de Vatry et de Châteauroux, spécialisés dans ce segment. Un nouvel aéroport ne présente pas d’intérêt pour le fret. Les investissements en cours à Roissy pour le développement du fret aérien (nouvelles gares de fret) ne laissent pas de place à un nouvel entrant.
  • Les nouvelles formes de mobilité ne sont pas le fret aérien. C’est toujours le TGV, mais aussi le covoiturage. Un nouvel aéroport restera ancré sur des modèles d’aéroport d’affaires, avec des tarifs élevés ou des compagnies low cost, qui recherchent des régions touristiques avec des aéroports subventionnés.
  • Nantes est une ville qui a fait d’énormes efforts lors des dernières années pour faire revenir les habitants de la périphérie à la ville vers le centre. Un nouvel aéroport situé à 30 km de Nantes nécessiterait un accès aussi facile que la gare TGV, sans quoi sa compétitivité économique en serait obérée.
  • Une ville moderne du 21ème siècle est-elle comme au siècle dernier une ville avec son aéroport ou une ville sans aéroport ?
  • En période de restriction budgétaire et de difficulté de recherche de financements pour les infrastructures de transports indispensables, pour le fret et les passagers (rail, fluvial, transports en commun), faut-il donner la priorité à l’avion?