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La SITL revient enfin  Porte de Versailles du 13 au 15 septembre. Comme tous les ans, Jérôme Libeskind animera un cycle de conférences sur la logistique urbaine. Cette année, 3 thématiques au cœur de l’actualité ont été choisies.

La chaîne logistique des Jeux Paris 2024 : exemplarité et mobilisation des acteurs.

En 2024, la France accueille les Jeux Olympiques et Paralympiques d’été, la plus grande opération logistique en temps de paix. La dernière fois, c’était il y a 1 siècle en 1924. Pour autant, une des clés de la réussite de cet évènement international incomparable repose toujours sur un solide pilotage d’une chaîne logistique sans coutures. Cette conférence fera le point sur les enjeux logistiques, la mobilisation des acteurs publics et privés. Une conférence exceptionnelle pour un événement exceptionnel !

13 septembre à 16h50 – salle Atrium

https://www.sitl.eu/fr-fr/programme/programme-details.2047.85942.la-cha%C3%AEne-logistique-des-jeux-paris-2024–exemplarit%C3%A9-et-mobilisation-des-acteurs.html

Comment mieux responsabiliser le consommateur aux enjeux de la logistique urbaine ?

La logistique urbaine est une problématique aux multiples enjeux. Pourtant, le consommateur, par ses comportements d’achat, joue un rôle essentiel dans la maîtrise des impacts environnementaux de la logistique.

Les dernières études et tendances seront présentées lors de cette conférence par Sprint Project, Star Service et l’Université Gustave Eiffel. La Métropole du Grand Paris exposera son engagement pour comprendre les comportements des consommateurs et les inciter à des pratiques vertueuses.

14 septembre à 9h10 – salle Mercure

https://www.sitl.eu/fr-fr/programme/programme-details.2047.85953.comment-mieux-responsabiliser-le-consommateur-face-aux-enjeux-de-la-logistique-urbaine-.html

Logistique zéro émission : que veulent les métropoles ?

Zones à faibles émissions, restrictions de circulation, mais aussi volonté de mieux consolider les flux et de mettre en œuvre de nouvelles solutions de livraison en centre-ville. Les métropoles sont au premier plan face à ces enjeux qui concernent la vitalité des centres villes, l’impact environnemental des livraisons, mais aussi l’efficience logistique des territoires. 2 témoignages exceptionnels d’élus de la Métropole du Grand Paris et de Montpellier Méditerranée Métropole. Participeront aussi le programme Interlud-Cerema et des professionnels du transport.

15 septembre 13h55 – salle Atrium

https://www.sitl.eu/fr-fr/programme/programme-details.2047.85943.logistique-z%C3%A9ro-%C3%A9mission–que-veulent-les-m%C3%A9tropoles-.html

Logicités a suivi pour vous l’actualité de la logistique urbaine et du dernier kilomètre pendant l’été. Voici quelques unes des informations que nous avons relevé, en lien avec la logistique urbaine et le dernier kilomètre.

Une charte pour le e-commerce …

Une quinzaine d’acteurs du e-commerce, donc Cdiscount, Veepee ou Ebay ont signé avec le gouvernement une charte visant à mieux maîtriser les impacts environnementaux de la vente en ligne. Les bonnes pratiques qui apparaissent dans cette charte sont l’engagement de réduction du volume des colis, le regroupement des envois et surtout l’engagement de ne pas inciter le consommateur aux pratiques de livraison de multiples tailles de produits, favorisant les retours. Cette charte, qui n’est toutefois pas signée par quelques grands acteurs, notamment Amazon, constitue un premier pas, mais reste une liste de bonnes intentions. Attendons de voir quels en sont les résultats concrets !

… mais les retours e-commerce continuent d’augmenter

En contradiction avec la charte, la récente étude mondiale réalisée par GXO Logistics auprès de retailers montre que, lors des 12 derniers mois, les retours ont augmenté. 36% des retailers interrogés confirment ce point. Sur la période, 42% des e-consommateurs déclarent avoir retourné au moins une fois un vêtement (source National Retail Federation). Il est toutefois intéressant de constater que 57% des consommateurs déclarent être sensibles à un programme de retours respectueux de l’environnement. Argument commercial des retailers, mais aussi coût considérable pour eux, le meilleur retour est celui qui n’existe pas !

L’Etat condamné

Décision pour le moins surprenante. Le Conseil d’Etat condamne l’Etat pour inefficacité de sa politique de réduction de la pollution de l’air. Les résultats constatés, malgré une situation exceptionnelle (confinement de 2020) ne sont pas considérés comme à la hauteur des enjeux. L’Etat est d’ailleurs condamné à verser 10 millions € à différentes agences… qui dépensent pour la plupart de l’Etat… Au-delà de cette décision, apparaîtra vraisemblablement une accélération de la mise en place des Zones à Faibles Emissions, dans toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants. Mais l’efficacité de ces ZFE dépendra beaucoup de la politique globale de mobilité et d’habitat. Arrêter l’étalement urbain des agglomérations est une nécessité pour réduire l’usage de la voiture. Mettre en œuvre des solutions de logistique urbaine ne se limite pas au changement de motorisation.

Les primes à la conversion augmentent

Dans le cadre du plan France Relance, les primes à la conversion et les aides à l’achat d’utilitaires électriques augmentent. Le cumul des 2 aides peut atteindre 14 000 € ! Une bonne nouvelle pour toutes les entreprises qui réfléchissent à passer leur flotte du diésel à l’électrique.

Deliveroo cumule les pertes

Malgré une augmentation du chiffre d’affaires de 82% sur le premier semestre 2021 (par rapport à la même période de 2020), la plateforme ne réduit que très légèrement ses pertes. Avec un CA de 922 millions £, la plateforme affiche des pertes de 109 millions de £ sur la période. La livraison des repas à domicile, un luxe urbain du 21ème siècle, souvent au mépris d’un modèle social très dégradé, ne trouve pas de modèle économique. Et c’est sans prendre en compte les risques de requalification dont Deliveroo et les autres acteurs sont sujets dans plusieurs pays. Deliveroo a ainsi décidé pour cette raison de quitter l’Espagne.

Quick commerce : tendance de fonds ou mode ?

Carrefour a annoncé cet été une prise de participation dans Cajoo, start-up de livraison de produits d’épicerie créée il y a seulement quelques mois. Cajoo est présent dans 10 villes et a levé 6 millions € en proposant un service de livraison en 15 minutes. Marché ultra-concurrentiel avec l’arrivée en France de sociétés très capitalisées comme Gorillas, Flink, Zapp, Dija ou Getir, on peut s’étonner de cette décision d’un grand retailer, qui mise sur la pérennité de ce modèle. Pourtant, ce modèle va à l’encontre de tous les principes de base : la rapidité de la livraison ne permet aucune mutualisation. Son impact environnemental est de ce fait inévitablement négatif. Et ce modèle ne trouve aucune rentabilité au moins à court terme…

Phénomène de mode très urbain ou tendance de fonds, le quick commerce transforme en tout cas le marché. Ces sociétés prennent position avec des dark stores en grand nombre, loués à prix d’or dans les grandes métropoles, et des scooters, parfois électriques, qui sillonnent les centre urbains. La rentabilité n’est pas la priorité, c’est la prise de position sur le marché à court terme. Il est grand temps que le législateur indique ce qui est pertinent et ce qui ne l’est pas…

Incroyable mais vrai : DHL passe à l’avion électrique

DHL a annoncé la commande de 12 avions cargo Eviation Alice qui seront opérationnels en 2024. Particularité de ces avions, ils sont électriques ! Leur charge est de 1200 kg et l’autonomie de 815 km, correspondant ainsi à des trajets européens. Cette décision fait partie d’un très ambitieux programme de DHL de décarbonation de ses activités dans le monde.

Les robots deviennent une réalité

Starship annonce avoir 1000 robots en fonctionnement dans une vingtaine d’universités américaines situées dans 15 états différents. Ces robots livrent essentiellement des repas, en partenariat avec des grandes enseignes comme Starbucks ou Subway. Nous sommes maintenant loin de la période d’expérimentation. Ces robots ont déjà effectué 1,5 million de livraison et ont parcouru des millions de kilomètres. Même si cette flotte traverse tous les jours 80 000 croisements, les campus universitaires n’en constituent pas moins des sites fermés et bien protégés, adapté au développement de ces nouvelles formes de mobilité.

The Post Office ouvre son réseau à d’autres opérateurs

C’est la première fois dans l’histoire que le réseau Post Office des postes britanniques ouvre son réseau de points de contacts à un autre opérateur concurrent, DPD. Les clients qui se font livrer par DPD pourront ainsi choisir de retirer leur colis dans un point Royal Mail. A la fin de l’année, 1500 points seront ainsi concernés. Pour The Post Office, cette mutualisation permet de générer de nouvelles recettes. Pour DPD, cette solution entre dans la politique globale de développement durable. La livraison hors domicile permet de mieux consolider les flux que la livraison à domicile. Une expérience à développer en France ?

 

Les vacances sont l’occasion de se poser des questions sur son mode de consommation et sur ses déplacements. Voici quelques idées ou bonnes résolutions qui ont un effet sur la logistique urbaine, le dernier kilomètre et l’impact environnemental du transport. A vous de choisir !

  • Je redécouvre les centres-villes

Sur la route des vacances, j’ai enfin le temps. Et c’est l’occasion de redécouvrir que les villes n’ont pas seulement des zones commerciales périphériques, mais aussi des centres, trop souvent oubliées. Ces cœurs de ville, souvent magnifiques, souffrent du fait de leur abandon pendant des décennies. Si les acteurs publics sont souvent à l’origine de cette situation, c’est le consommateur qui peut faire changer les choses, tout simplement en faisant ses achats dans les centres des villes petites et moyennes, qui n’attendent que votre visite. Et un centre-ville, c’est une concentration d’activités de et de commerces, donc une logistique mieux organisée et moins impactante sur le plan environnemental !

  • Je me fais livrer en point relais

Pendant les vacances, les achats sur internet continuent. C’est normal, c’est parfois la seule solution de trouver les lunettes de soleil oubliées ou le bon livre qu’on souhaite découvrir. Mais se faire livrer à domicile, c’est le risque du passage d’un livreur pendant que nous sommes à la plage… Le plus simple, c’est de se faire livrer dans un point relais. Il y en a près de 30 000 en France. Et un point relais, c’est 25 livraisons simultanées donc moins d’impact environnemental qu’une livraison à domicile, surtout si je profite d’une promenade à pied ou à vélo pour récupérer mon colis !

  • Je limite mes emballages

En vacances, on souhaite parfois moins cuisiner et acheter des plats tous préparés. Pourquoi ne pas venir chez le traiteur avec ses tupperware et refuser ces barquettes plastiques, sacs plastique ou même papier, que tout marchand vous propose, souvent dans des quantités astronomiques ? Refuser les contenants et suremballages, c’est faire un petit geste pour la planète. C’est pourtant tellement simple de se promener avec 2 ou 3 contenants vides au cas où un achat nous tente lors de nos promenades…

Et le commerçant, en général, ne refusera pas ce petit geste qui lui fait aussi économiser des achats de fournitures.

  • Je découvre le vrac

Les magasins de vrac se développent dans toutes les villes à un rythme rapide. Les vacances, c’est l’occasion de découvrir de nouvelles (ou anciennes) pratiques. Il faut bien sûr venir avec ses contenants et on peut y acheter tous types de produits : produits secs, mais aussi détergent ou jus de fruits. Limiter les emballages, cela demande un petit effort, mais souvent, les produits en vrac sont moins chers. Et, cerise sur le gâteau, j’ai moins d’allers-retours à faire vers les bacs de collecte d’emballages !

  • Je découvre les circuits courts

De nombreux producteurs, dans toutes les régions, proposent des fruits et légumes, des fromages ou des œufs de leur production. Pourquoi ne pas essayer ces produits ? En achetant en circuit court, on évite les transports et on limite l’empreinte carbone des livraisons dans les circuits commerciaux. Et souvent, on profite de produits à des prix attractifs !

  • Je découvre les market place locales

Afin d’aider le commerce de proximité, de nombreuses villes soutiennent des market place numériques qui permettent d’acheter sur internet auprès des commerces locaux.  Renseignez-vous ! Peut-être qu’une market place existe dans votre lieu de résidence ! Cela vous permet alors de faire vos achats chez les commerçants de proximité mais de profiter aussi des facilités de l’e-commerce.

  • J’évite les zones commerciales périphériques

Cette « France moche » des zones commerciales périphériques, la plupart du temps accessible uniquement en voiture, a pour conséquence une désertification des centres villes. En fuyant ces zones périphériques, je participe à un rééquilibrage progressif du territoire. Et je participe aussi à une réduction des transports et de leur impact carbone en utilisant un peu plus la marche à pied, les transports publics ou le vélo.

  • Je (re) découvre les voies ferrées régionales

Bien sûr, il ne s’agit pas du TGV, qui est devenu tellement impersonnel et n’est une occasion plaisir que pour peu de monde. Mais découvrir les lignes de train régionales, c’est là une belle opportunité. Et si on réfléchit, ces lignes, souvent peu utilisées, parfois oubliées, pourraient être utilisées pour transporter des marchandises.

  • Je profite des marchés hebdomadaires

Les marchés participent à l’animation des centres villes. Ils constituent aussi une filière logistique spécifique, qui s’appuie en amont sur les marchés de gros et sur des producteurs locaux. En profitant de ces marchés, je découvre les produits de la région !

  • Je lis je lis je lis…

Les vacances sont l’occasion de découvrir tous les livres que vous n’avez pas eu le temps de lire. Et n’oubliez pas dans vos valises mon dernier ouvrage « si la logistique m’était contée ». Il est disponible en librairie (de centre-ville bien sûr) et sur la e-boutique Logicités. https://www.logicites.fr/article/si-la-logistique-metait-contee/