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En quelques jours, les annonces sur le développement des réseaux de consignes de retrait de colis se multiplient.
La France était jusqu’à présent très en retard par rapport à d’autres pays Européens, ceci pour deux raisons principales.
Tout d’abord, la France dispose de plusieurs réseaux de points relais performants et très économiques, Relais Colis, Kiala-UPS, Mondial Relay, Pickup. Le réseau de bureaux de Poste, comme certaines enseignes de magasin, servent aussi de points relais. Au total, ce sont plus de 32 000 points relais sur l’ensemble du territoire, qui permettent ainsi à chaque consommateur de trouver un espace près de chez lui.
Le second frein est venu des collectivités locales. L’installation de consignes dans les villes continue d’être complexe. Pourtant, la consigne de retrait est plus que jamais du mobilier urbain. La consigne apporte un service à l’internaute et permet une consolidation locale des flux, répondant ainsi aux critères de bases de la logistique urbaine. Il revient donc aux villes, non pas de mettre en concurrence les réseaux, mais de prévoir des espaces permettant d’accueillir les différents acteurs de consignes, dans les quartiers. A l’image des loueurs de voitures dans un aéroport, les villes doivent prévoir des espaces aménagés et coordonnés afin d’installer ce mobilier urbain du 21ème siècle.
Cette difficulté d’accueil sur la voie publique pousse les acteurs à développer des partenariats privés afin de pouvoir rapidement mailler le territoire. Ces partenariats concernent les lieux d’implantation des consignes, mais aussi les flux de colis.

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1 million € pour aider le développement de start-ups, c’est un enjeu qui motive à juste titre plus d’un créateur d’entreprise. 1053 projets ont été déposés et soumis aux votes des internautes.

Aviva vient de dévoiler la liste des finalistes, les 183 start-ups encore en lice pour remporter un prix bien mérité. Réponse le 18 mars.

fabrique aviva

Parmi ces 183 projets, 5 ont retenu mon attention par leur caractère innovant pour le domaine du transport et de la logistique, notamment urbaine.

Tout d’abord, la société Cocolis, spécialiste de la livraison interurbaine collaborative. Vous souhaitez expédier un colis de Paris à Nice, inscrivez votre demande, qui sera mise en relation avec un transport équivalent, effectué par un particulier. De façon complémentaire, vous effectuez un trajet avec un coffre vide, enregistrez votre trajet et profitez d’une opportunité de rendre service à un autre particulier. Le covoiturage de colis est ainsi inventé et organisé. Il s’agit là d’une solution pertinente sur le plan de l’environnement, mais permet aussi de réduire les coûts du transport, souvent élevé lorsque des particuliers d’adressent à des réseaux de transport professionnels. Peu d’autres acteurs se positionnent sur ce créneau interurbain collaboratif. Nous pouvons toutefois citer DacOpacK, qui part de l’enregistrement de trajets disponibles, de particuliers ou de professionnels, afin d’offrir aux internautes, notamment dans le cas de vente en C to C, un ensemble de solutions disponibles.

Toujours dans cadre des modèles de crowdshipping, la société Globshop propose de « co-avionner » des produits. Ainsi, un voyageur peut acheter et transporter dans ses bagages un colis à destination d’une personne dans le pays vers lequel il voyage. Il s’agit là d’une délégation d’achat et de transport, ne présentant donc pas de risque sur les produits transportés. Plusieurs modèles assez proches de « co-avionnage » se développent actuellement très rapidement, répondant à des problématiques locales ou au développement du C to C. C’est ainsi le cas de PiggyBee ou de e-Shipp.

Autre projet nominé, celui de Vélo-Cargos Drôme. L’idée est de développer l’utilisation de vélos-cargos, de type biporteurs, en milieu rural. Prendre un vélo pour transporter des courses plutôt que prendre sa voiture, voilà une initiative bien pertinente pour des trajets de courte distance. Vélo-Cargo Drôme a la particularité de mettre à disposition des vélos-cargos mais surtout de les fabriquer. Ces vélos biporteurs, fabriqués au Danemark ou aux Pays-Bas, sont en effet souvent d’un prix élevé.

vélo cargo drôme

Un projet très innovant de logistique urbaine et d’aide aux commerces de centre-ville est mis en place par Dropbird, nominé dans le cadre du concours Aviva. Dropbird propose aux voyageurs en train de commander sur internet des produits de commerces de proximité et de les récupérer à leur gare de destination. Le transport entre le point de collecte et les commerces est effectué en véhicule électrique. Le projet a récemment été testé avec succès en Bretagne. Il s’agit là à la fois d’une solution de click & collect de courses mais aussi d’aide aux commerces de proximité d’accès à l’e-commerce.

Enfin, un cinquième projet mérite une attention particulière pour le domaine du transport, celui de Camion Anti-Gaspi. Ce projet vise à trouver une nouvelle vie aux invendus et surplus de la distribution, produits non alimentaires et alimentaires.

Encore quelques jours de suspense pour savoir si le transport de marchandises, au travers de ces start-ups et de quelques autres probablement oubliées parmi les 183 nominés, sera un des gagnants de ce très beau concours.

La table-ronde du 18 novembre sur le crowdshipping, lors de Supply Chain Event, était animée par Jérôme Libeskind, expert en logistique et urbaine et e-commerce, auteur du livre « La logistique urbaine, les nouveaux modes de consommation et de livraison – Editions FYP ».

photo conférence

Elle rassemblait 3 créateurs de start-ups de crowdshipping : David Vuylsteke, fondateur de PiggyBee, Jean-Baptiste Maillant, co-fondateur de Wing et Mohamed Mebarek, co-fondateur de Drivoo.

3 modèles très différents montrant la grande diversité des solutions de livraison collaborative.

PiggyBee est orienté vers l’international et notamment l’aérien. Mettre en relation un voyageur et une personne physique, habitant dans un pays lointain, demandeur de l’acheminement d’un produit permet de réduire les coûts, de profiter de capacités existantes et surtout de créer un lien social autour d’un service. Ainsi, un voyageur de Paris à New-York, qui dispose de place dans sa valise est mis en relation avec une personne sur place souhaitant l’acheminement d’un produit ou d’un colis. Le service est souvent rendu gratuitement.

Wing est sur un tout autre modèle, le premier kilomètre. La cible est constituée des très nombreux petits et moyens e-marchands, dont le métier n’est pas nécessairement d’emballer et d’expédier des colis. Wing se charge ainsi de collecter les produits, de les emballer et de les expédier au meilleur prix. Dans certains secteurs éloignés, Wing n’hésite pas à faire appel à des particuliers pour l’emballage et la collecte. Wing s’intéresse aussi au C to C en faisant appel à des « Héros », particuliers chargés de ces opérations de collecte.

Drivoo se positionne sur le dernier kilomètre. Il s’agit là de profiter de parcours existants, en voiture, mais le plus souvent en vélo ou à pied, pour effectuer des livraisons, au départ de commerces de proximité, de supermarchés ou de centres commerciaux. En quelque sorte, il s’agit de réduire les flux de véhicules de livraisons en optimisant les parcours et en utilisant les mobilités douces. A l’aube de la COP 21, Drivoo apporte une solution totalement pertinente sur le plan environnemental, avec des résultats immédiats. Ses « drivers » sont rémunérés en bons d’achat et profitent ainsi pleinement d’un service rendu.

D’autres modèles de crowdshipping étaient présents dans la salle, notamment celui de DacOpack, dont l’objectif est de mettre sur le marché les capacités vides des véhicules notamment privés. Il s’agit donc de covoiturage de colis interurbain. Une bonne solution pour acheminer à moindre coût son matériel de ski à sa station de sport d’hiver ou le four à micro-onde qui a été vendu sur Ebay.

Cette conférence montrait à la fois la diversité des modèles, les avantages environnementaux multiples et la croissance exponentielle du monde de la livraison collaborative, qui apportera aux transporteurs professionnels un complément et une réponse économique.

Le crowdshipping fait partie intégrante de la Supply Chain. Il se positionne en complément et pas nécessairement en concurrence frontale avec l’économie traditionnelle du transport. Il apporte des solutions sociales, mais aussi d’énormes avantages environnementaux. Il permet de réduire les coûts en transport en élargissant le service.

Le monde du crowdshipping comprend de très nombreux autres modèles, allant du point relais collaboratif, la mise à disposition d’espace de stockage, la livraison de repas ou peut-être demain la livraison à 2 avec services.

La Poste ne s’y trompe pas, en ayant récemment investi plusieurs millions € dans un modèle collaboratif, avant l’arrivée probable d’Uber sur ce créneau. Ce blog parle du crowdshipping, delivery crowdsourcing ou livraison collaborative depuis longtemps. Il est fort à parier que cet ensemble de solutions fera encore l’objet de nombreuses conférences et articles.