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Logistique urbaine : qu’avez-vous manqué cet été ?

Vous pensez avoir manqué des informations importantes cet été ? Logicités vous fait un résumé de quelques-unes des principales informations de l’été concernant la logistique urbaine et le dernier kilomètre.

43% : c’est la part du vide dans les colis e-commerce

La société DS Smith Packaging, spécialiste du carton ondulé, vient de publier un livre blanc « L’économie de l’espace vide ». L’étude sur laquelle s’est fondé ce livre blanc montre que la part du vide dans les conteneurs maritimes est de 24% dans le monde. Dans 60% des envois e-commerce, le vide représente plus du quart du volume transporté. Cela correspond à une moyenne, concernant les colis e-commerce, de 43% de vide.

La responsabilité des e-marchands, mais aussi des fabricants d’emballages et de machines d’emballage est alors énorme. La réduction du vide dans le transport constitue un des principaux enjeux logistiques pour les années qui viennent.

Une start-up de la logistique urbaine disparaît

La société Oxipio, société de livraison du dernier kilomètre en véhicules 100% propres, qui avait repris l’exploitation du CDU de Lille et qui s’était implantée à Lyon et Chambéry, a été mise en liquidation judiciaire en juillet. Malgré le soutien de la Caisse des Dépôts et la pertinence du modèle environnemental, Oxipio n’a pas pu associer son développement à une rentabilité du modèle. Il s’agit là d’une triste nouvelle pour la logistique urbaine. Oxipio rejoint le lot des sociétés de livraison urbaine qui ont connu les mêmes difficultés lors des dernières années : The Green Link, Alternmobil, City Logistics par exemple.

Deliveroo quitte l’Allemagne

Deliveroo a décidé d’arrêter son service en Allemagne. Après 4 ans de présence sur le marché allemand, Deliveroo a annoncé brutalement le 16 août l’arrêt de son service. La vive concurrence, mais aussi l’absence de modèle économique ont incité cette société à quitter ce grand marché européen. La foodtech a un goût amer pour les 1100 livreurs Deliveroo et les 2000 restaurants partenaires de la société en Allemagne.

Deliveroo a promis aux livreurs de les indemniser avec un premier paiement à hauteur de 10 jours de chiffre d’affaires, puis un second paiement plus tard correspondant à 15 jours, ce qui reste une faible compensation.

On peut s’interroger sur la pérennité en France du modèle de Deliveroo alors que cette société s’intéresse à des segments à plus forte valeur ajoutée : la fabrication en cuisine centrale des repas, la négociation de produits achetés pour le compte des restaurateurs.

Deliveroo a levé depuis sa création 1,53 milliard $, dont récemment 575 millions $ auprès d’Amazon.

La livraison instantanée de Carrefour passe d’une heure à 30 minutes

Carrefour a décidé de confier à Glovo la livraison instantanée dans 4 pays : France, Espagne, Italie et Argentine. Dans certaines grandes villes, dont Paris, la promesse de livraison sera réduite d’une heure à 30 minutes seulement. Plus que jamais, le délai de livraison devient un enjeu. Toutefois, seulement facturé 3,90 €, ce mode de livraison permet-il un modèle économique pérenne ?

Une des préoccupations de Carrefour sera sans nul doute de gérer la sécurité du transport dans un contexte de livraison de plus en plus rapide. La startup espagnole a récemment fait l’objet de manifestations et protestations sur les réseaux sociaux suite à la mort d’un livreur à Barcelone. Un des challenges de cette offre sera de trouver un équilibre entre offre rapide de livraison et sécurité des conditions de travail. Est-ce un pari impossible ?

Amazon annonce la fin des boutons Dash

Les petits boutons collés sur le réfrigérateur, qui permettent de commander instantanément des produits en rupture dans son placard feront partie de l’histoire de la logistique urbaine. Comme d’autres services, tels Instant Pickup, Amazon met fin à l’expérience le 31 août. La raison ? La technologie est déjà dépassée et s’est fait cannibalisée par les enceintes Amazon Echo. Plus besoin d’appuyer sur un bouton, il suffit de commander via l’enceinte !

Plusieurs millions de boutons Dash partiront à la poubelle. Peut-être feront-ils la joie des collectionneurs ?

Fedex ne renouvelle pas son contrat avec Amazon

Fedex a pris la décision, lourde de conséquences, de ne pas renouveler son contrat de livraison aux Etats-Unis avec Amazon. Les raisons sont essentiellement économiques, mais aussi stratégiques. Amazon a déjà largement anticipé ce virage en mettant en place sa propre organisation de livraison avec un objectif majeur : réduire le coût logistique global, qui est très peu répercuté au consommateur.

UPS filialise la livraison en drone

L’opérateur a décidé de créer une société dédiée à la livraison en drone. UPS a déjà mis en service une première ligne pour du transport de produits de santé en Caroline du Nord. Avec sa nouvelle filiale UPS Flight Forward, l’objectif est d’obtenir une certification de la FAA et de mettre en œuvre des lignes de transport pour la desserte de zones reculées.

Un premier Espace Logistique Urbain à Montréal …

Dès septembre, un espace logistique urbain sera mis en place dans l’ancienne gare d’autocars Berri, au centre de Montréal. L’entreprise de livraison LVM exploitera ce site particulièrement bien placé et effectuera les livraisons en vélocargos. Une excellente initiative mise en œuvre par la Mairie de Montréal en partenariat avec Jalon MTL.

…et un nouvel Espace Logistique de Proximité à Paris

Sogaris a lancé le 14 août le chantier de l’ELP de la Porte de Pantin. Situé sous le boulevard périphérique, ce nouvel espace de 860 m² sera exploité par FM Logistic et Ecolotrans.

Le groupement avait été lauréat de l’appel à projets lancé par la Ville de Paris pour l’exploitation de cet espace remarquablement bien situé, qui permettra une livraison en véhicules propres du centre de Paris.

Ebay se lance dans le fulfillment !

Ne disposant pour le moment d’aucun service logistique, Ebay a décidé de transformer son modèle en proposant à ses vendeurs de leur confier leur stock et de préparer leurs commandes. Ce service, qui sera lancé en 2020 aux Etats-Unis, s’apparente au service d’Amazon «Expédié par Amazon» ou FBA (Fulfillment by Amazon).

Ebay deviendra alors un nouveau prestataire logistique pour le compte de ses vendeurs.

Des points relais collaboratifs en test au Danemark

Zalando et PostNord ont démarré le test d’un réseau de points relais collaboratifs à Copenhague et Aarhus.  Ce sont des particuliers, notamment des retraités, qui sont recrutés pour collecter les colis e-commerce de leurs voisins. Plusieurs expériences récentes, sans suite pour le moment, ont été mises en œuvre en France. Cette expérience danoise est intéressante, étant mise en place avec un e-marchand (générateur de flux) et un transporteur (gérant physiquement les flux de transport et le système d’information).

Un nouveau modèle de robot de retrait de courses alimentaires

La société estonienne Cleveron a mis au point un conteneur totalement robotisé, à une température ajustable (par exemple 2°C) permettant de servir de point de retrait automatique de courses alimentaires. Ce modèle, existant en 2 formats et permettant également un conteneur en froid négatif, peut être placé près d’un supermarché, sur un parking ou en centre-ville.

Un nouveau modèle de magasin automatisé

Le spécialise de l’outillage Würth a mis en place avec la start-up française Belive.Ai un magasin d’outillage automatique, qui fonctionne avec un suivi par caméra. Le premier magasin de ce type est mis en service en Allemagne.

Un hôtel logistique à Lyon

La nouvelle était attendue. La CNR a choisi comme lauréat, dans le cadre de l’appel à projets concernant un terrain à Gerland, un groupement constitué de LPA, la SERL, La Caisse des Dépôts et Poste Immo. Le nouveau site en étage de plus de 28 000 m² sera livré fin 2020 !

La revue Urbanisme publie un numéro spécial sur la Logistique Urbaine. 

« Livrer les Urbains », c’est le titre du numéro spécial sur la logistique urbaine auquel ont participé de nombreux experts : Laetitia Dablanc, Florence Toilier, Mathieu Gardrat, Adeline Heitz ou le bureau de recherche 6t. Jérôme Libeskind a participé à ce numéro spécial en écrivant un article de fond sur les innovations technologiques et notamment les véhicules autonomes et robots de livraison de colis. Un numéro à commander sans attendre !

L’exposition Les routes du Futur est prolongée jusqu’au 15 septembre !

L’exposition sur l’avenir des autoroutes, voies rapides de l’Ile-de-France et du boulevard périphérique, qui est présentée au Pavillon de l’Arsenal, est prolongée jusqu’au 15 septembre. Logicités a participé à l’équipe l’Atelier des Mobilités, avec notamment D & A, Setec, APRR, 6t pour concevoir un projet prenant en compte les problématiques de mobilité des personnes et des marchandises. Comment prévoir l’évolution de ce réseau magistral, sa meilleure intégration dans la ville, l’utilisation de ce réseau pour des solutions de logistique urbaine ? Venez découvrir les projets des 4 équipes lauréates de cet appel d’offres lancé par le Forum Métropolitain du Grand Paris.

Bonne rentrée logistique  !

Bilan de l’année 2018 : les 5 bonnes et mauvaises nouvelles

Comme chaque année, le blog Logicités met en évidence 5 mauvaises nouvelles relevées durant l’année écoulée et 5 bonnes nouvelles concernant la logistique urbaine.

L’an passé, les 5 mauvaises nouvelles présentées étaient :

  1. 2017 : l’année la plus chaude de l’histoire
  2. 500 000 morts par an en Europe du fait de la pollution de l’air
  3. L’énorme facture de l’abandon de l’écotaxe
  4. Les livraisons instantanées explosent
  5. L’arrêt du CDU de Saint-Etienne

Malheureusement, certaines de ces mauvaises nouvelles auraient pu être reprises pour 2018. L’année 2018 est en France la plus chaude depuis 1900. Les efforts réalisés pour la maîtrise du réchauffement climatique ne sont pas à la hauteur des enjeux, en France comme ailleurs dans le monde.

  1. 2018 : les émissions de CO² ont augmenté de 2,7% dans le monde

C’est le chiffre annoncé lors de la COP24 de Katowice. Il est supérieur à l’augmentation constatée en 2017. Nous sommes bien loin des engagements pris lors de l’accord de Paris et de la COP21. Les 2 plus gros émetteurs de CO², la Chine et les Etats-Unis, voient leurs émissions augmenter.

L’Europe fait quelques modestes efforts, en affichant une réduction globale de 0,7%. La France n’est toutefois pas un des bons élèves. En 2017, les émissions de CO² de la France avaient augmenté de 3,2%.

Pour contenir le réchauffement climatique à 2°C, il faudrait que d’ici seulement 12 ans, nous ayons réduit les émissions de 25%. Autant dire que l’atteinte de cet objectif semble de plus en plus hors de portée.

  • L’étalement urbain, le mauvais exemple français

236, c’est le nombre d’hectares artificialisés chaque jour en France. En 10 ans, c’est l’équivalent d’un département français. Et le phénomène ne fait que s’accélérer, favorisé par le développement des autoroutes, ou voies rapides, souvent gratuites. Dans de nombreuses métropoles, les habitants s’installent de plus en plus loin de leur lieu de travail, générant une logistique peu productive et une dépendance accrue à la voiture individuelle. Dans ce contexte, le développement de nombreux nouveaux axes autoroutiers nouveaux ne peut pas être considéré comme une bonne nouvelle. Il est nécessairement à contre-courant des orientations environnementales.

Ces nouveaux axes n’ont pas pour effet de développer les territoires, bien au contraire. Ils ont souvent pour effet de créer des zones dortoirs, loin des zones d’emploi et d’accroître encore un peu plus la dépendance à la voiture individuelle.

Le rapport de l’OCDE sur l’étalement urbain, paru en juin 2018, est accablant. Les conséquences environnementales sont énormes et la France n’est pas un bon élève en la matière.

  • Des échecs dans les modèles des consignes de retrait de colis

Les consignes ont souvent été présentées comme une solution de consolidation des flux de livraison de colis, qui sont en forte croissance du fait du e-commerce. Pourtant, nous avons vu en 2018 la mise en difficulté d’un des principaux opérateurs. Inpost, qui avait déployé un grand nombre de consignes sur le territoire avec la marque Abricolis, a décidé de se retirer du marché français.

Le fort maillage de points relais, avec un modèle économique favorable pour l’opérateur, est probablement une des raisons de ces difficultés. Le principal opérateur qui mise de façon massive sur les consignes est aujourd’hui Amazon, qui a remporté important un marché d’installation de consignes dans les gares. La Poste, avec les consignes Pickup, est également présente dans de nombreuses gares.

  • Les difficiles modèles économiques du dernier kilomètre

L’année 2018 a vu l’arrêt de plusieurs modèles de livraison du dernier kilomètre.

Ce a été le cas de Shyp aux Etats-Unis mais aussi de Foodora dans plusieurs pays dont la France et de certaines start-ups comme Youorder.

Ces 3 sociétés avaient des modèles économiques, environnementaux et sociaux différents. Le « dernier kilomètre » ne correspond pas à un seul modèle, mais il y a des constantes. Le coût élevé du transport est à mettre en relation avec la valeur du produit transporté. La mutualisation des commandes reste un moyen de diminuer le coût. L’urgence représente un coût car elle rend plus difficile la mutualisation. Ces échecs, qui font suite à de nombreux autres, nous permettront alors de mieux comprendre quels sont les modèles gagnants, sur le plan économique, mais aussi environnemental et social.

  • La LOM : peu d’avancées significatives concernant la logistique urbaine

Les assises de la mobilité qui ont eu lieu en 2017, ont été l’occasion de propositions souvent très complètes, intégrant de nombreux sujets de mobilité des marchandises.

Le projet de Loi d’Orientation des Mobilités est décevant, pour ce qui concerne la logistique urbaine. Très peu de sujets ont été repris.

Le ministère prépare-t-il alors d’autres textes ? Cela fait déjà plus d’un an que les Assises de la Mobilité ont produit leurs conclusions et rien n’apparaît. Le projet de LOM reste pour le moment, pour la logistique urbaine, une mauvaise nouvelle.

En 2017, les 5 bonnes nouvelles mises en évidence dans ce blog étaient :

  1. Les Assises Nationales de la Mobilité : un débat exceptionnel
  2. L’offre de véhicules électriques de livraison devient une réalité
  3. Vacance commerciale dans les centres villes : une timide prise de conscience
  4. Le tramfret : une expérimentation pleine de potentiel

Pour 2018, nous avons choisi les 5 nouvelles suivantes :

  1. L’arrêt du projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes

Ce projet en décalage complet avec les besoins des territoires et les politiques environnementales a finalement été arrêté. Il s’agit probablement de la principale décision qui restera du passage de Nicolas Hulot au ministère de la transition écologique. La réorientation des investissements publics vers des infrastructures durables résulte souvent de décisions difficiles, parfois impopulaires. Mais c’est le rôle des dirigeants de prendre ces mesures en ayant une vision à long terme.

  •  La pétition l’Affaire du siècle rassemble plus de 2 millions de français

La plus importante pétition de l’histoire française a pour objectif d’intenter une action en justice contre l’Etat pour inaction face au réchauffement climatique. Certains, comme le professeur Marc Fontecave, la trouve « idiote ». D’autres, et j’en fais partie, considèrent qu’il s’agit là d’une prise de conscience inédite. Certes, La France ne représente que 1% des émissions de CO² dans le monde, mais nous pouvons servir d’exemple aux autres pays.

L’Etat a peut-être besoin d’un mandat populaire afin de faire accepter des mesures nécessairement impopulaires qu’il ne parvient pas à faire accepter.

Cette pétition est alors une bonne nouvelle pour aider nos gouvernants à changer de cap. L’Affaire du Siècle est alors une affaire à suivre.

  • La mise en place de Zones à Faibles Emissions

La France était un des pays les plus en retard dans ce domaine. Le récent rapport de mise à jour des Zones à Faibles Emissions en Europe comptabilise 227 zones en Europe dont seulement 2 en France, Paris et Grenoble.

 Le virage a été pris avec l’annonce de l’étude et de la mise en place progressive de Zones à Faibles Emissions dans 15 métropoles.

  • Un foisonnement d’initiatives locales

Nous n’avons probablement jamais connu en France autant d’initiatives locales autour de la logistique urbaine qu’en 2018.

Pacte Pour une logistique Métropolitaine (MGP), Plan de Déplacement Marchandises (Toulouse), Appels à projets logistique urbaine (Nantes, Lyon et Lille), Chartes de Logistique Urbaine.

Les initiatives publiques ne manquent pas pour intégrer la logistique urbaine dans les politiques locales, réserver des espaces, mettre en place des instances de concertation, des plans d’action, des expérimentations.

Gageons que ces initiatives seront suivies de nombreuses autres qui permettront enfin de faire de la mobilité des marchandises un sujet fédérateur dans les métropoles.

  • La sortie du livre de Logicités sur la logistique urbaine au Japon !

Après le livre de 2015 sur la logistique urbaine et notamment son histoire, Jérôme Libeskind s’est, cette fois, intéressé à un pays lointain, qui peut nous apprendre beaucoup sur le dernier kilomètre. Fonction du magasin, services de livraison innovants, comodalité passagers / marchandises, gestion de l’espace public : cet ouvrage est un reportage illustré des pratiques. Il donne aussi de nombreuses clés afin de nous aider à mettre en place nos propres solutions. Le livre est téléchargeable sur le site Logicités.

Il est aussi disponibles dans quelques bonnes librairies, Decitre à Lyon ou la Librairie du Midi à Bruxelles.

Bonne et heureuse année 2019 !

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Repenser l’utilisation de l’espace public !

Les métropoles françaises ont la particularité d’être organisées autour d’espaces publics importants, souvent 15 à 20% de leur surface.
Cet espace public est destiné à de nombreux usages : trottoirs, terrasses de café, espaces verts, voirie de circulation et stationnement.
Le développement des mobilités douces de personnes, mais aussi la volonté de mettre en œuvre des solutions de logistique urbaine nécessitent de se poser la question du partage de ce bien rare et convoité par de nombreux usages.
La voirie est souvent constituée d’un espace central de circulation, divisé entre la circulation, 2 voies de stationnement et 2 trottoirs. Les voies de circulation sont de plus en plus souvent redivisées, suivant leur largeur, avec une voie réservée, pour les bus, taxis et véhicules d’urgence et une voie cyclable.
Cette division de l’espace public pose de réels problèmes d’efficacité.

Réduire la place de la voiture individuelle

Il s’agit tout d’abord du stationnement. Dans les villes françaises, contrairement à nombre de villes dans le monde, le stationnement en surface des voitures est autorisé. A Paris, ce sont 150 000 places réservées à cet usage. En prenant une surface de 12,50 m² par place, ce sont donc 187 hectares réservées à stationner des voitures.
Est-ce vraiment justifié, sachant que 2 parisiens sur 3 n’ont pas de véhicule individuel ?
Certes, lors des 20 dernières années, de nombreuses places ont été récupérées, pour l’installation du Velib, ou pour le stationnement des 2 roues, parfois pour la réalisation de micro-espaces verts urbains.
En parallèle, la fonction de livraison des marchandises, indispensable à la vie des commerces et des habitants, ne dispose que de 10 000 places, pour les ¾ d’entres elles partagées entre voitures et véhicules de livraison (voitures la nuit et livraisons la journée).
Malgré cela, 2 livraisons sur 3, à Paris comme dans la plupart des métropoles, sont réalisées en dehors des places de stationnement.
Il y a donc urgence à repenser le principe même des places de stationnement, tant pour les voitures que pour les véhicules de livraison.

Repenser les règles d’utilisation des voies réservées

Autre sujet, la circulation. De façon historique, les voies réservées sont destinées aux bus, taxis et véhicules d’urgence. A l’heure de la transition énergétique, nous pouvons nous poser la question de ces règles de partage. Pourquoi ne pas les destiner, aux mobilités douces et propres : transports en commun (de plus en plus souvent au GNV), taxis et VTC mais exclusivement en véhicules propres (électrique et hydrogènes), véhicules de livraison électriques et GNV, vélos et 2 roues électriques ?
Ce serait une forme d’incitation pour les flottes de taxis et VTC, mais aussi les transporteurs, de verdir leurs flottes, trop souvent au diesel. En leur donnant un avantage sur le plan de la productivité, ces activités pourraient ainsi trouver un intérêt à changer de type de véhicule et mieux participer à la transition énergétique.

Réduire les obstacles sur les trottoirs

Dernier aspect concernant l’espace public, les trottoirs. Ils accueillent nombre d’activités : les piétons, mais aussi les poussettes, fauteuils roulants, terrasses de cafés, étalages de commerces ou mobilier urbain.
Là aussi, repenser l’usage et la matérialisation des trottoirs pourrait permettre d’en améliorer l’efficacité. Le dénivelé pose un problème pour la livraison des marchandises. Les livreurs doivent en effet l’emprunter pour livrer les commerces. Une des idées serait de se poser la question des obstacles physiques. En récupérant des espaces utilisés pour le stationnement et en supprimant l’obstacle physique, il serait alors possible d’imaginer, comme au Japon, de vastes espaces utilisés conjointement pour les piétons et les vélos. L’absence de dénivelé permettrait de faciliter les livraisons, qui pourraient alors s’effectuer en toute sécurité.
Repenser l’espace public, c’est alors le fluidifier pour en améliorer l’usage. Un espace public plus efficace permet alors une logistique plus productive et moins polluante. La logistique urbaine passe donc nécessairement par une réduction de la place accordée à la voiture individuelle dans les villes.