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Le 4 Casino, ou comment le phygital transforme une enseigne

Comme de nombreux journalistes, Logicités s’est prêté au jeu de la visite « touristique » du nouveau flagship de Casino, rendez-vous incontournable des passionnés du commerce et du dernier kilomètre.

Un magasin ouvert 24/24

C’est déjà une très grande nouveauté, même si Franprix avait déjà fait ce pari dans le quartier des Halles.

Ce concept existe dans de nombreux pays, mais encore peu à Paris. Le choix des Champs Elysées n’est pas anodin. Le nombre de touristes et promeneurs qui profitent souvent tardivement de ce quartier de Paris constitue une opportunité pour ce magasin convivial et moderne.

Pour limiter les coûts en personnel, Casino a imaginé que l’accès la nuit n’est possible qu’aux détenteurs de l’application de fidélité « Casino Max ». Le client s’identifie alors à l’entrée. Le paiement étant effectué uniquement à des caisses automatiques sans personnel, le coût de personnel est alors limité aux agents de sécurité et éventuellement aux stands spécifiques (restauration, caviste).

Une question se pose toutefois. La nécessité de disposer d’une application ne constitue-t-elle pas un frein à l’achat ? Ce n’est en tout cas pas habituel en France dans une supérette.

  

Le digital au cœur du modèle

Conçu sur 3 étages, la visite a d’abord commencé par le sous-sol, dénommé le cellier. Ce sous-sol s’apparente à une supérette normale. Très dense, bien rangé. Un opérateur de magasin peine toutefois à sortir un roll de l’ascenseur, qui n’a probablement pas été conçu pour des opérations logistiques…

Le niveau rez-de-chaussée allie épicerie fine et espace détente-restauration. A titre personnel, j’ai apprécié la cave à vin, très digitale. Un écran permet au client d’indiquer ses préférences. Les produits ciblés s’allument. Pour les amateurs, la cave au chocolat est également une merveille.

Le rez-de-chaussée intègre un mur digital. Le client peut ainsi passer commande d’un choix important de produits, qui lui seront livrés directement. Très attractif, mais pas nécessaire discret. Si ce picking wall constitue un formidable coup marketing, je reste sceptique sur l’attractivité de ce mode de commande, qui laisse peu de place à la confidentialité de l’achat.

Casino réfléchit à installer des écrans l’extérieur. Le magasin étant ouvert 24h/24, est-ce nécessaire ?

Ce qui frappe, c’est l’absence de personnel aux caisses. Habituellement, les caisses automatiques sont pour le client une option, souvent sous la surveillance d’un agent, qui aide les consommateurs et prévient la disparition de produits. Ici, les caisses sont toutes automatiques, mais les caméras et agents de surveillance ne sont pas loin.

Une vitrine de Cdiscount

L’étage du magasin est constitué d’un showroom de meubles de l’enseigne Cdiscount, de grands écrans de commande sur le site de Cdiscount et d’un espace de coworking. Cet espace est totalement gratuit et semble déjà avoir un certain succès. Il est vrai qu’un espace de travail convivial et calme à 2 pas des Champs Elysées risque sans aucun doute d’être rapidement connu et utilisé.

Le pari de Casino est de faire de ce flagship un lieu de rencontres, de rendez-vous notamment professionnels et de transformation des pratiques commerciales.

Le 4 Casino préfigure-t-il le magasin urbain de demain ? Le quartier des Champs Elysées reste toutefois trop spécifique pour pouvoir affirmer que ce modèle sera celui qu’adoptera Casino dans d’autres quartiers . Il permet toutefois de tester des technologies nouvelles et de mieux comprendre les limites de ce modèle. Il permet aussi de participer à un changement d’image de l’enseigne. Bravo pour ce très bel exemple de modernité !

J’ai testé Leclerc chez moi !

Le tout nouveau service d’achat e-commerce et de livraison à domicile Leclerc chez Moi méritait un test en réel. Le voici !

La commande : 

J’ai passé ma commande le lundi de Pâques au soir et elle était livrée sur créneau horaire de 2 heures le lendemain à partir de 14 h ! C’est donc quasiment du jour J. La promesse de service est à ce niveau quasi parfaite. Bravo !

Les produits : 

C’est plus compliqué. De nombreux produits non disponibles à la commande. Le lait et l’eau ne s’achète que par pack de 6 bouteilles. de nombreux produits par pack de 3. Il faut avoir de la place dans les placards.

Un reproche : difficile de trouver des produits sans huile de palme…

On est un peu loin du discours environnemental de l’enseigne.

Donc bien mais peut vraiment mieux faire, surtout pour une clientèle parisienne habituée au bio et aux produits sains…

La livraison : 

La livraison s’est effectuée dans le créneau horaire prévu, par Cogepart. Un véhicule diesel stationné sur une place de livraison. E.Leclerc n’est pas encore passé à la livraison électrique ou GNV. Une marge de progression pour intégrer le service dans la politique environnementale de la Ville de Paris ! Le livreur était impeccablement habillé, aimable, ponctuel, efficace. Donc un excellent service.

L’emballage : 

Les produits sont bien emballés. Les détergents ne sont pas mélangés avec l’alimentation. Sac papier pour le frais, sac plastique réutilisable pour les autres produits. Rien à dire sur la qualité des emballages et la propreté.

Le plus : 

Des goodies Leclerc en nombre : sac en toile, mug, crayons, stylos… Les premiers clients parisiens sont soignés ! J’apprécie.

En résumé, un service très efficace, professionnel. Toutefois une marge de progression sur l’assortiment et la qualité des produits. Un effort à faire pour livrer propre et participer à la « dé-diéselisation » de Paris.

 

L’histoire du triporteur

Le triporteur est considéré comme un des moyens de livrer les centres villes de façon plus propre. Mais d’où nous vient ce curieux véhicule hybride, entre un vélo et une voiture ?

La légende nous apprend qu’en 1625, un jésuite missionnaire en Chine, du nom de Ricius, installa sur un agencement de barres et de traverses, 3 roues inégales. Le tricycle est alors né ! Mais c’est bien plus tard qu’il gagna ses lettres de noblesse. Les premiers tricycles apparaissent dans les années 1820 mais il ne s’agit pas encore de triporteurs. Le premier modèle « industriel » de tricycle est réalisé en Angleterre, par James Starley.

Les tricycles sont alors réalisés à des fins de promenade mais pas encore de déplacements professionnels. Lire la suite