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Ne confondons pas e-mobility et immobility

DSC_0013De nombreuses études notamment de l’Union Européenne ont été publiées sur la problématique de l’e-mobility. Concernant la logistique urbaine et donc le segment des véhicules de livraison, force est de constater que le parc français n’est pas nécessairement en avance par rapport aux pays d’Europe du Nord. Il faut probablement faire abstraction du plan de développement de véhicules électriques de la Poste, qui représente à lui seul l’essentiel des efforts et mérite d’être mentionné.

L’offre de véhicules électriques de livraison n’a jamais à ce jour été aussi importante en Europe, avec au minimum 36 fabricants répertoriés (européens, américains et asiatiques) et 58 modèles, de la fourgonnette au véhicule poids lourd.

L’analyse des situations en Europe du Nord montre clairement que le développement des véhicules électriques de transport de marchandises est étroitement lié avec un fort soutien des pouvoirs publics ou des autorités locales.

De nombreuses incitations, financières ou non, sont actuellement mises en œuvre. J’en citerais ici certaines :

–          Création de Low Emission Zones qui interdisent dans certains zones centrales des villes (souvent d’ailleurs assez larges), l’accès aux véhicules à partir d’un certain niveau de pollution ;

–          Stationnement gratuit pour les véhicules électriques

–          Accès à certaines zones durant des plages horaires élargies

–          Avantages fiscaux

–          Possibilité d’utilisation de voies de bus

–          Facilités de charge des batteries

Dans Paris, comme en atteste la photo, avoir un véhicule de livraison électrique apporte peu d’avantages. Ils sont notamment, malgré leurs dimensions souvent très adaptées, insérés dans le flot de circulation et les embouteillages.

Pourquoi ne pas accepter ces véhicules dans les couloirs de bus alors même que nous acceptons des véhicules comme les taxis, qui n‘apportent aucun avantage sur le plan environnemental ?

Un véhicule électrique représente actuellement un vrai risque financier pour un opérateur, du fait du coût d’acquisition ou de location. Si ce véhicule effectue dans la journée le même nombre de positions qu’un autre véhicule, où est l’avantage ?

Il est donc temps que les intentions affichées par les différentes instances pour le développement de l’e-mobility se traduisent clairement dans les faits par des mesures d’aide, en l’occurrence pas nécessairement financière, permettant aux opérateurs de faire ce choix. C’est aujourd’hui le moment d’afficher des mesures vertueuses qui permettent aux opérateurs de transport de marchandise de faire le choix de l’e-mobility.

Donc ne confondons pas e-mobility et immobilité !