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Les études sur la satisfaction de l’e-consommateur parviennent toutes à des résultats identiques. Le principal facteur d’insatisfaction est la livraison.

Les derniers résultats de l’Observatoire de la logistique e-commerce, publiés par la FEVAD, montrent que l’échec à la première présentation des colis de moins de 10 kg est de 23 %. Cet échec, outre son coût économique et le motif d’insatisfaction, représente un impact environnemental significatif.

Certains transporteurs, à l’instar de La Poste, UPS ou GLS, apportent des outils permettant de rendre le consommateur acteur. Il peut ainsi modifier la date et le lieu de la livraison. Cette facilité permet très certainement de réduire ce taux d’échec.

Une des solutions permettant d’éviter l’échec à la première présentation est de livrer le colis là où le consommateur est présent. Il s’agit souvent, en journée, du lieu de travail.

Cette solution est pourtant parfois compliquée. En effet, de nombreuses entreprises refusent la livraison de colis, qui perturbe l’activité de l’accueil. D’autres raisons, liées au volume des colis ou au déplacement des consommateurs en transport en commun constituent un motif justifié pour ne pas choisir ce lieu de livraison. La confidentialité des achats, qui font partie de la sphère privée du consommateur, est aussi souvent invoquée afin de privilégier la livraison à domicile.

Une des solutions permettant de développer la livraison sur le lieu de travail peut venir de l’entreprise elle-même. Ainsi, à l’initiative du Conseil de Développement Economique et Social de Rennes, le Codespar, la livraison de colis sur le lieu de travail a été expérimentée au sein de l’hôtel communautaire de Rennes Métropole. Les avantages sont multiples. Tout d’abord, l’échec à la livraison est supprimé, évitant ainsi un nombre important de transports. Un second avantage, souvent oublié et très pertinent pour des ensembles importants de bureaux est le potentiel de consolidation des flux. Les livraisons capillaires sont réduites au profit de livraisons consolidées, comme pour un point relais. L’hôtel communautaire de Rennes Métropole regroupe 500 agents. Avec 20 transactions en moyenne par internaute, cela représente un potentiel de 10 000 commandes par an, soit 40 colis par jour. Les grands réseaux de transport de colis disposent d’un potentiel permettant de livrer de façon consolidée les ensembles de bureaux.

L’avantage pour l’entreprise est donc environnemental.

Les entreprises peuvent prendre la décision, afin d’éviter l’utilisation « privée » du service d’accueil de l’entreprise, d’installer des consignes. Ainsi, le transporteur peut disposer d’un droit d’accès lui permettant de déposer directement les colis dans une consigne, située près de l’accueil. L’internaute en est averti et, lorsqu’il quitte son travail, peut retirer son colis sans déplacement.

Pour les achats de produits alimentaires, certaines entreprises, comme la RTBF à Bruxelles, ont mis en œuvre une solution de « drive privé » avec Carrefour. Cet « Afterwork Pick-up Point » permet aux 3000 employés de cette entreprise de retirer directement leurs achats de produits alimentaires effectués sur internet en quittant leur travail.

afterwork-pick-up

Si la livraison sur le lieu de travail est naturellement choisie par le consommateur dans de nombreuses entreprises, notamment les PME, elle peut faire l’objet d’initiatives directes de grandes entreprises afin de réduire l’impact environnemental de la livraison, apporter un service supplémentaire à ses employés et participer à l’amélioration de la logistique urbaine.

De nombreux évènements ponctuent l’édition de la SITL, qui se tient du 22 au 25 mars 2016 à Pars Nord Villepinte.

SITL

Pour la première fois, un concours de start-ups a été mis en place afin de valoriser les très nombreuses initiatives autour du transport et de la logistique et la création d’entreprises. A l’heure où l’emploi est au cœur de toutes les préoccupations, l’émergence de nouveaux modèles permet de donner au secteur du transport et de la logistique un sens différent.

Les 8 nominés au Start-Up Contest 2016 sont Bifasor, Bubble Post, Easy2GO, Ekolis, Innov +, Voisins Relais, WeTRUCK et Wing.

Voisins Relais met en place un réseau très innovant  de « points relais » collaboratifs, gérés par des particuliers. Il s’agit en quelque sorte d’un retour aux sources des points relais, qui, dans les années 1980, étaient gérés par des particuliers. Ce modèle permet de créer un lien de quartier et d’éviter l’échec à la première présentation des colis.

Bubble Post est une start-up belge, déjà présente dans une quinzaine de villes de Belgique et des Pays-Bas, fondée sur la livraison écologique des centres villes et le service aux commerces. Livraison en cargocycles et véhicules électriques fait partie du modèle de Bubble Post.

Wing est une start-up avec seulement 5 mois d’existence, qui se positionne sur le « premier kilomètre » et l’aide aux e-marchands. Elle récupère les produits vendus, sans emballage, les emballe dans des ateliers agréés et les remet à un réseau de transport. Il s’agit là non pas d’externaliser la logistique, mais d’externaliser l’emballage et la gestion du transport, souvent problématiques pour de nombreux e-marchands. Wing apporte ainsi à la chaîne cross-canal le maillon manquant, le premier kilomètre.

WeTRUCK a imaginé le covoiturage de personnes dans un camion (la cabine).

Ces 8 nominés effectueront leur pitch devant le public le 25 mars à 9h30, en salle de conférence n°1.

Jérôme Libeskind, expert en logistique urbaine et e-commerce, animera durant la SITL 3 conférences.

  • Le 22 mars à 12h, Jérôme Libeskind animera une conférence sur « Quels véhicules, quels équipements pour la logistique urbaine ». Plusieurs constructeurs interviendront dont Libner, Univers VE Helem et Kleuster, constructeur d’un cargo-cycle frigorifique.
  • Le 23 mars à 13h45, une conférence plénière sera animée par Jérôme Libeskind avec la présence de Gaël Prigent, directeur Supply Chain de Logista, Yves Moine, directeur Supply Chain de Picard Surgelés, Julien Darthout, délégué général du club Demeter, Marc Dalbard, responsable marketing de PTV Group, Hervé Street, président de Star’s Service, Jean-Pierre Bernheim, vice-président d’Angers Loire Métropole et Yan Ketelers, responsable marketing de Bubble Post, société nominée au Start-Up Contest. Le sujet de cette conférence est « Le service comme facteur clé du succès de la logistique urbaine ». Cette conférence constitue l’évènement central du cycle de conférences sur la logistique urbaine.
  • Le 24 mars à 13h15, Jérôme Libeskind animera l’atelier organisé par PTV Group sur le sujet « Quels logiciels pour accompagner la logistique urbaine, concilier Service et rentabilité ». Marc Dalbard, responsable marketing et Raphaël De Castilla, Directeur Général, interviendront lors de cette conférence. Jérôme Libeskind effectuera une introduction sur les problématiques et solutions de la logistique urbaine

L’évolution de la réglementation, les contraintes urbaines de plus en plus significatives et les solutions apportées seront au cœur de ce cycle de conférences.

Bon SITL 2016 !

Le secteur du transport et de la logistique est un des principaux secteurs de l’économie française. En intégrant le transport pour compte propre et les activités des entreprises, c’est 1,8 million d’emplois sur le territoire national. C’est aussi 34 000 entreprises de transport routier, longue distance, mais aussi transport régional.

Mais le transport, c’est d’abord un service.

L’histoire de certains groupes nous le rappelle.

A titre d’exemple, le SERNAM avait été créé en 1970 afin de répondre aux demandes, notamment des particuliers, de transport des bagages ou des colis, sans limite, puisque nous y trouvions des vélos, des meubles, des colis encombrants. Les trains de voyageurs disposaient d’un wagon permettant l’acheminement à travers le territoire, des colis des particuliers.  Il s’agissait donc d’un service aux particuliers et d’un modèle d’occupation partagée d’un moyen de transport de passagers, le train. Le Sernam a progressivement changé de modèle pour s’orienter vers le colis B to B, a supprimé le train et les dépôts en gares, qui constituaient son ADN. Le Sernam a disparu, n’ayant plus de service différenciateur.

La notion de service vient d’abord du besoin du client. C’est une notion de base du marketing. Un service sans client n’a pas de sens.

Ce que nous constatons aujourd’hui, c’est que la demande du client, pour ce qui concerne le transport, a évolué à une vitesse jamais connue jusqu’alors. Cette évolution est liée à l’évolution des modes de consommation, et notamment de l’e-commerce. Le livre « La logistique urbaine – les nouveaux modes de consommation et de livraison » Editions FYP explique de façon détaillée cette évolution.

Les services de transport en place, souvent des modèles industriels de distribution de marchandises, ne sont que partiellement adaptés aux demandes multiples et évolutives des clients, particuliers et professionnels. Modifier un process industriel déployé sur le territoire d’un pays, avec 50 ou 100 agences, constitue un projet de grande envergure, long et complexe.

Cette évolution de la demande client permet alors à des structures légères d’émerger, partant de modèles économiques différents de ceux des grands groupes.

L’époque actuelle du transport est sans aucun doute celle des startups, qui modifient les modèles fondamentaux du transport de marchandises. Quelques exemples.

La société Wing, créée il y a seulement 4 mois, est déjà une belle histoire. Le principe est simple. Il y a 25 000 nouveaux e-marchands tous les ans en France. Certains sont organisés pour leur logistique et le transport, mais une majorité de ceux-ci découvrent la réalité d’acheter des emballages, constituer des colis tous les jours, les remettre à un transporteur, négocier toutes les étapes, et faire en sorte que le colis soit expédié dans les délais promis au client. Wing va chercher chez l’e-marchand, partout en France et maintenant en Angleterre, les produits vendus, les emballe dans des ateliers sélectionnés et les expédie, tout ceci dans un délai garanti.

Le LAAS (Logistic As A Service) est inventé et place ainsi le service au cœur du transport.

Jean-Baptiste Maillant, co-fondateur de Win

Jean-Baptiste Maillant, co-fondateur de Wing

Sur ce concept qui correspond à la demande du client, Wing vient d’annoncer une levée de fonds de 1,2 million d’Euros.

La société DacOpacK, fondée il y a 9 mois, part du principe que de nombreux véhicules, tant de particuliers que de professionnels du transport, ont à un moment donné, ou parfois régulièrement, des capacités de vide. Le principe de DacOpacK est d’afficher sur une plate-forme ces capacités et de mettre en relation des particuliers, qui vont pouvoir utiliser à moindre coût ces capacités vides. Tout le monde est gagnant. Le véhicule de transport, particulier ou professionnel, peur optimiser son chargement et mieux rentabiliser son transport. Le particulier trouve une solution pour acheminer des produits, par exemple vendus sur Ebay ou Leboncoin, à travers le territoire, à des prix inférieurs à ceux de La Poste. En quelque sorte le Sernam 45 ans après…

dacopack

DacOpacK va totalement dans le sens de la loi sur la transition énergétique, qui prévoit, dans un de ses principaux articles,  d’inciter les solutions permettant d’augmenter le taux de remplissage des véhicules.

L’année 2016 est sans aucun doute l’année des startups du transport, avec le tout nouveau Start-Up Contest, lancé par la SITL afin de récompenser la start-up la plus innovante du transport. Il reste quelques jours pour participer à ce concours, le premier dustart-up contest genre pour le secteur du transport. La date limite des réponses est le 26 février !

Bonne chance à toutes les startups !