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Cyclologistique : où en sommes-nous ?

Nous définissons la cyclologistique comme l’utilisation professionnelle de cycles avec ou sans assistance électrique, avec ou sans remorque, pour la livraison urbaine. S’intègre donc dans la cyclologistique la livraison en triporteurs, en vélos avec remorques, en biporteur ou cargocycle. La livraison des repas, de façon uberisée, avec des vélos non professionnels ne s’apparente pas, dans notre définition à la cyclologistique. Elle correspond à un autre modèle, essentiellement de déplacement lowcost.

La cyclologistique a une histoire. Il y a 150 ans, en 1869, Aimé Olivier, maire de Marennes, décide de doter pour la première fois dans l’histoire le bureau de Poste de la Ville de 2 vélocipèdes. La cyclologistique est née.

Cyclologistique implique maintenant une formation, un respect des règles de sécurité, et un matériel professionnel de transport de marchandises.

Ces équipements apportent de nombreux avantages en termes de livraison de proximité et sont plébiscités par les élus, qui souhaitent pour nombre d’entre eux les voir en plus grand nombre dans leur ville, en remplacement de véhicules diesel.

Ils peuvent aussi, pour nombre d’artisans, remplacer le véhicule utilitaire, souvent très mal optimisé et difficile à stationner.

Mais où en sommes-nous par rapport aux autres pays dans le développement de ces moyens de livraison ?

Le pays le plus en avancé au monde est vraisemblablement le Japon. La première entreprise de transport de colis, Yamato, n’utilise pas moins de 5200 vélocargos, à partir d’espaces logistiques de proximité situés dans tout le pays. D’autres entreprises, comme Japan Post, ont également fait le choix de ces moyens de livraison dans de nombreuses villes.

Logicités a d’ailleurs publié un livre sur la logistique urbaine au Japon, très en avance par rapport à d’autres pays.

En Europe, les pays nordiques, et notamment le Danemark, mais aussi l’Allemagne et les Pays-Bas font probablement figure de pays dans lesquels la cyclologistique est très présente. A Amsterdam, plusieurs entreprises disposent d’espaces logistiques de proximité permettant d’effectuer la livraison de quartier en vélocargo. En Allemagne, les microhubs mobiles (des remorques servant d’entrepôt local) ou sous la forme d’espaces de proximité, sont déjà répandus dans les principales villes.

La Grande-Bretagne, qui était très en retard dans ce domaine, est en train de le rattraper grâce à une politique très agressive de réalisation de pistes cyclables, notamment à Londres.

En Italie, dans de nombreuses villes, comme Padoue, la cyclologistique est développée pour la livraison de petits colis.

N’oublions pas la Bruxelles ou Montréal, villes dans lesquelles la cyclologistique commence à se développer avec des initiatives très innovantes. Citons notamment l’initiative mise en place par Proximus et L’Oréal à Bruxelles ou l’ELP mis en place à Montréal dans l’ancienne gare d’autobus.

Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive mais l’analyse des réalisations permet de tirer les conclusions suivantes :

  • Le développement de la cyclologistique nécessite la mise à disposition d’espaces de proximité. Ces espaces sont souvent des pieds d’immeubles ou des délaissés urbains. Il faut en effet réduire la distance entre le point de départ et le secteur de livraison afin de trouver un modèle économique.
  • Il est nécessaire de disposer d’un secteur assez dense en livraisons, avec si possible des colis de petite ou moyenne taille. Certains matériels permettent toutefois de transporter des palettes.
  • La productivité de la cyclologistique et par conséquent la pérennité des modèles tient essentiellement de la fluidité de l’espace public.

Voici ainsi quelques propositions afin que la cyclologistique, tant souhaitée par les élus, mais aussi les habitants, puisse se développer :

  • Réduire la place de la voiture individuelle. La cyclologistique se développe dans les villes qui ont eu le courage de réduire de façon importante l’espace, tant en circulation qu’en stationnement, dédié à la voiture individuelle.
  • Supprimer les obstacles physiques, qui entravent fortement la productivité et la sécurité des livreurs : bordures, plots et autres obstacles physiques sont contraires à un développement facile de la cyclologistique. Cela conditionne notamment l’utilisation des pistes cyclables. En effet, il n’est pas possible, en cas d’entrave de la piste, de déplacer un vélocargo avec 300 kg de marchandises !
  • Permettre la privatisation de places de stationnement pour des entrepôts mobiles. Cette privatisation, éventuellement rémunérée, est indispensable pour le développement de ces modèles qui permettent de réduire le nombre de véhicules de livraison.
  • Aider les artisans à modifier leur modèle et, dans de nombreux cas, s’équiper de moyens de cyclologistique.
  • Améliorer l’état des chaussées pour réduire les coûts de maintenance, beaucoup trop élevés.

La logistique urbaine s’invite au Pavillon de l’Arsenal

Les 4 équipes internationales mandatées par le forum métropolitain du Grand Paris pour réfléchir sur l’avenir des 1250 km d’autoroutes de voies rapides d’Ile-de-France ont rendu leur copie.

Logicités a eu la chance de faire partie d’une des équipes, l’Atelier des Mobilités, équipe pilotée par Devillers & Associés, 6-t, Setec et APRR.

Les résultats de ces travaux sont présentés jusqu’au 13 juillet au Pavillon de l’Arsenal dans le cadre de l’exposition « Les routes du Grand Paris ». Lire la suite

Vivatech, les drones et véhicules autonomes à l’honneur !

Logicités a relevé pour vous quelques-unes des initiatives les plus nouvelles dévoilées lors de Vivatech.

Commençons par les stands de start-ups africaines.

Sur le stand du Rwanda, marqué cette année par la visite du président Paul Kagame, nous avons identifié la société Charris UAV. Cette société est la première société rwandaise de transport et de services par drone.

Charris effectue à l’aide de drones des missions de photographie aérienne, de contrôle des cultures agricoles ou des chantiers de construction, pulvérisation aérienne de produits anti-moustique dans des zones touchées par la malaria.

Le Rwanda est aussi un pays qui a développé des services de livraison par drones dans des zones reculées. Cela concerne notamment le transport de produits sanguins.

Sur le pavillon africain, nous avons aussi identifié le Sunshine kiosk, mis en place par Total. Il s’agit d’un kiosque totalement autonome sur le plan énergétique (avec panneau photovoltaïque) et doté de nombreuses idées très adaptées aux zones rurales africaines : réfrigérateur, accès et écran internet, borne de recharge de smartphones, TV.

Ce kiosque apporte alors une solution clé en main dans les zones rurales non équipées de réseau énergétique.

Au rayon des véhicules autonomes, nous trouvons notamment le véhicule « follow me » d’Effidence, testé par La Poste. La start-up française TwinsWheel, présentait, sur 2 stands du salon, les différents modèles de robots de livraison. Celui utilisé par Franprix et qui sera prochainement testé à Montpellier, et également le robot testé par Enedis à Toulouse. Ce robot sert de caisse à outils pour les techniciens, qui suppriment alors un véhicule.

Le robot de livraison trouve de nombreuses applications, encore en test. Mais l’objectif est bien de réduire le nombre de véhicules dans les agglomérations.

De nombreuses innovations dans le retail ont été présentées à Vivatech. Nous en retiendrons une qui nous a semblé intéressante dans un contexte de développement durable.

L’application Clean Bill vise à supprimer les tickets de caisse en les dématérialisant. L’application donne accès à tous ses achats auprès des différentes enseignes (avec les caractéristiques de l’achat). La dématérialisation des tickets de caisse a alors pour objectif de supprimer le ticket papier, qui 9 fois sur 10, n’a aucune utilité. Par ailleurs, un système de notation concernant les livraisons est proposé sur cette application afin que le commerçant sache si cette dernière s’est bien déroulée. Il s’agit donc aussi d’une aide pour le commerçant afin de suivre les achats de ses clients.

Vivatech était aussi l’occasion de présenter de très nombreux modèles de cyclologistique, de scooters électriques et le tout nouveau véhicule de livraison Renault EZ-Flex, testé par La Poste.

Les start-ups digitales du transport et de la logistique, comme Wakeo, Transchain, Yper, Shippeo ou Cocolis étaient aussi présentes sur Vivatech.

Plus que jamais, Vivatech devient un important rendez-vous technologique pour les solutions du dernier kilomètre.