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Les prix Stratégies Logistique de l’innovation durable : qui sont les gagnants ?

Les prix Stratégies Logistique de l’innovation durable ont été remis le 15 décembre lors de World Class Logistics, manifestation organisée par Premium Contact.

prix stratégies

Ce prix était une première et prends d’ores et déjà sa place dans l’univers des récompenses logistiques.

Son jury, présidé par Marc Prokopp, directeur Supply Chain des Galeries Lafayette, comprenait plusieurs professionnels de la green logistics dont deux membres de la commission Logistique Urbaine de l’Aslog, Juliette Collin et Jérôme Libeskind, expert en logistique urbaine et e-commerce.

Plusieurs catégories avaient été prévues pour la remise des trophées.

La catégorie Chargeurs a permis de récompenser Scapalsace pour l’entrepôt totalement automatisé réalisé par Witron. Ce concept avait fait l’objet d’une présentation lors de la matinale Intralogistique de l’Aslog le 30 septembre dernier à Lille, animée par Jérôme Libeskind. Le concept d’automatisation d’entrepôt permet de réduire l’emprise foncière nécessaire pour la réalisation de cet entrepôt.

Le prix de la catégorie Transporteurs et Prestataires a été remis à European TK Blue Agency. Cette agence extra-financière innove en permettant aux entreprises de mesurer l’impact des externalités négatives produites par le transport de marchandises. C’est une étape nécessaire afin de permettre une amélioration des pratiques du transport et progresser dans la mise en œuvre de méthodes de distribution vertueuses.

Le prix de la catégorie Infrastructures a été décerné à Sogaris pour le bâtiment n°3 du site de Créteil. Le jury a considéré que le fait de pas détruire une friche industrielle des années 1970 mais de la réhabiliter et la transformer en un bâtiment performant sur le plan logistique et environnemental est en soi une grande innovation.

Le prix de la catégorie Eco-Conception a été remis à Chep pour la conception du quart de palette en matériaux recyclés. Ce quart de palette permet d’améliorer la gestion de la logistique des displays et autres boxes de grande distribution. Sa conception permet d’économiser sur le transport et sur les emballages.

La catégorie Logistique Urbaine, qui rassemblait le plus grand nombre de dossiers, souvent de très grande qualité, a été remis à la société Drivoo. Spécialiste de la logistique collaborative, le principe de Drivoo est d’utiliser les trajets existants de particuliers pour livrer des colis en milieu urbain. Ce sont des véhicules en moins dans les villes. La livraison collaborative, qui a fait l’objet d’un atelier présenté par Jérôme Libeskind, est maintenant reconnue comme une des solutions les plus pertinentes de la logistique urbaine.

photo conférence

Enfin, le grand prix du Jury a été remis à l’Espace Logistique des Cordeliers, à Lyon, mis en œuvre par Ooshop, Deret et Lyon Parc Auto. Le sujet de mutualisation des espaces logistiques urbains est un concept imaginé depuis des années par les experts pour réduire le surcoût de la logistique urbaine. Cette initiative est la première totalement opérationnelle. Le jury a récompensé cette initiative remarquable qui permet de mutualiser les espaces, mais aussi les flux de transport amont, puis de consolider les flux en B to C (Ooshop) et en B to B (Deret). La distribution est entièrement réalisée au moyen de véhicules électriques. Ce site a été visité lors de la journée Logistique Urbaine organisée par l’Aslog le 13 octobre 2015.

Ces récompenses ne doivent pas faire oublier la grande qualité de certains dossiers nominés, comme le réseau de consignes InPost, permettant de réduire l’impact environnemental des échecs à la livraison des colis, le triporteur électrique frigorifique présenté par Petit Forestier ou le nouveau terminal conteneur mis en place par Docks Seine Nord Europe / Escaut.

Bravo à tous les gagnants et nominés qui montrent le potentiel d’innovation dans la green logistics et la diversité des solutions mises en œuvre !

Supply Chain Event : la conférence sur le crowdshipping, une très belle réussite.

La table-ronde du 18 novembre sur le crowdshipping, lors de Supply Chain Event, était animée par Jérôme Libeskind, expert en logistique et urbaine et e-commerce, auteur du livre « La logistique urbaine, les nouveaux modes de consommation et de livraison – Editions FYP ».

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Elle rassemblait 3 créateurs de start-ups de crowdshipping : David Vuylsteke, fondateur de PiggyBee, Jean-Baptiste Maillant, co-fondateur de Wing et Mohamed Mebarek, co-fondateur de Drivoo.

3 modèles très différents montrant la grande diversité des solutions de livraison collaborative.

PiggyBee est orienté vers l’international et notamment l’aérien. Mettre en relation un voyageur et une personne physique, habitant dans un pays lointain, demandeur de l’acheminement d’un produit permet de réduire les coûts, de profiter de capacités existantes et surtout de créer un lien social autour d’un service. Ainsi, un voyageur de Paris à New-York, qui dispose de place dans sa valise est mis en relation avec une personne sur place souhaitant l’acheminement d’un produit ou d’un colis. Le service est souvent rendu gratuitement.

Wing est sur un tout autre modèle, le premier kilomètre. La cible est constituée des très nombreux petits et moyens e-marchands, dont le métier n’est pas nécessairement d’emballer et d’expédier des colis. Wing se charge ainsi de collecter les produits, de les emballer et de les expédier au meilleur prix. Dans certains secteurs éloignés, Wing n’hésite pas à faire appel à des particuliers pour l’emballage et la collecte. Wing s’intéresse aussi au C to C en faisant appel à des « Héros », particuliers chargés de ces opérations de collecte.

Drivoo se positionne sur le dernier kilomètre. Il s’agit là de profiter de parcours existants, en voiture, mais le plus souvent en vélo ou à pied, pour effectuer des livraisons, au départ de commerces de proximité, de supermarchés ou de centres commerciaux. En quelque sorte, il s’agit de réduire les flux de véhicules de livraisons en optimisant les parcours et en utilisant les mobilités douces. A l’aube de la COP 21, Drivoo apporte une solution totalement pertinente sur le plan environnemental, avec des résultats immédiats. Ses « drivers » sont rémunérés en bons d’achat et profitent ainsi pleinement d’un service rendu.

D’autres modèles de crowdshipping étaient présents dans la salle, notamment celui de DacOpack, dont l’objectif est de mettre sur le marché les capacités vides des véhicules notamment privés. Il s’agit donc de covoiturage de colis interurbain. Une bonne solution pour acheminer à moindre coût son matériel de ski à sa station de sport d’hiver ou le four à micro-onde qui a été vendu sur Ebay.

Cette conférence montrait à la fois la diversité des modèles, les avantages environnementaux multiples et la croissance exponentielle du monde de la livraison collaborative, qui apportera aux transporteurs professionnels un complément et une réponse économique.

Le crowdshipping fait partie intégrante de la Supply Chain. Il se positionne en complément et pas nécessairement en concurrence frontale avec l’économie traditionnelle du transport. Il apporte des solutions sociales, mais aussi d’énormes avantages environnementaux. Il permet de réduire les coûts en transport en élargissant le service.

Le monde du crowdshipping comprend de très nombreux autres modèles, allant du point relais collaboratif, la mise à disposition d’espace de stockage, la livraison de repas ou peut-être demain la livraison à 2 avec services.

La Poste ne s’y trompe pas, en ayant récemment investi plusieurs millions € dans un modèle collaboratif, avant l’arrivée probable d’Uber sur ce créneau. Ce blog parle du crowdshipping, delivery crowdsourcing ou livraison collaborative depuis longtemps. Il est fort à parier que cet ensemble de solutions fera encore l’objet de nombreuses conférences et articles.

La livraison collaborative au cœur de l’actualité.

Les derniers jours ont été marqués par de nombreux événements, qui placent la livraison collaborative au cœur de l’actualité.

Amazon a décidé de reprendre son laboratoire de Seattle, déjà utilisé pour de nombreuses expériences comme Amazon Fresh ou le Treasure truck pour tester la livraison collaborative.

Pourquoi livrer un colis est-il un métier ? Il est simple de prendre un colis à un dépôt, et l’apporter à quelqu’un qui l’attend à un moment donné. Amazon est parti de ce principe pour proposer à des particuliers de livrer des colis et d’être rémunérés à la tâche.

Ce principe simple nous transforme tous en livreurs, ce dont nous sommes probablement tous capables sans grande difficulté.

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