La logistique urbaine s’invite au Pavillon de l’Arsenal

Les 4 équipes internationales mandatées par le forum métropolitain du Grand Paris pour réfléchir sur l’avenir des 1250 km d’autoroutes de voies rapides d’Ile-de-France ont rendu leur copie.

Logicités a eu la chance de faire partie d’une des équipes, l’Atelier des Mobilités, équipe pilotée par Devillers & Associés, 6-t, Setec et APRR.

Les résultats de ces travaux sont présentés jusqu’au 13 juillet au Pavillon de l’Arsenal dans le cadre de l’exposition « Les routes du Grand Paris ».

Une pause mobilité à ne pas manquer !

Inaugurée le 6 juin par

Vincent Jeanbrun (Président du forum métropolitain du Grand Paris)

Patrick Ollier (Président de le Métropole du Grand Paris)

Valérie Pécresse (Présidente de région IDF)

Anne Hidalgo (Maire de Paris)

Michel Cadot (Préfet de la région IDF & Préfet de Paris),

cette exposition retrace tout d’abord, au travers de films historiques, l’histoire des autoroutes en Ile-de-France et en France. La première autoroute, l’autoroute de l’Ouest, connaît un démarrage de travaux en 1937 et, curieusement une inauguration du premier tronçon en 1941. Inspirées des autoroutes américaines, les autoroutes parisiennes auront pour objectif la fluidité et la vitesse. Il n’y avait d’ailleurs pas de limitation de vitesse !

La proposition de l’équipe l’Atelier des Mobilités, se démarque des autres propositions par une connotation logistique urbaine très forte. En effet, comment ne pas prendre en compte l’approvisionnement en marchandises de l’Ile de France quand nous parlons des autoroutes ?

Bien sûr l’ennemi n°1, c’est l’autosolisme. Les voitures ont en moyenne 1,28 passager. Il faudra donc à la fois une offre de mobilité et des contraintes très fortes pour faire en sorte que cette situation aberrante sur le plan de la congestion urbaine et de la pollution puisse évoluer.

Inimaginable de penser supprimer le périphérique alors qu’il s’agit là d’un axe essentiel de desserte de l’Ile-de-France. Mais il faut l’aménager pour qu’il devienne mieux intégré dans son environnement urbain. Pistes cyclables, voies dynamiques… Autant de solutions qui permettront de participer à son intégration.

Sur le plan de l’organisation logistique du territoire, l’équipe a prévu de mettre en place le réseau NCE (Nombre de Colis Elevé), pour utiliser au mieux le réseau autoroutier et développer des formes de logistique propre.

Les enjeux de logistique urbaine sont clairement identifiés :

  • Supprimer les livraisons qui encombrent les autoroutes et la zone dense aux heures de pointe. Il s’agit notamment des flux de transit qu’il faut reporter sur des modes alternatifs à la route, ou, au pire sur l’A104.
  • Réduire les émissions de polluants liés à la logistique en zone dense.
  • Réduire la part la moins optimisée de la livraison : le compte propre destinataire (notamment véhicules des artisans et des commerçants). Il faut donc continuer à augmenter la part de professionnalisation du transport afin d’optimiser les véhicules et l’utilisation du réseau autoroutier francilien.
  • Mutualiser et consolider les flux logistiques pour interdire aux camions presque vides d’entrer dans la zone dense.
  • Faciliter la traversée logistique de l’Ile-de-France.

La stratégie du réseau NCE 2030 est ainsi déployée sur 5 axes :

  • Développer la livraison de nuit
  • Imposer une réglementation pour les flux logistiques en zone dense
  • Aller au-delà de la ZFE et créer un statut de livreur urbain avec une zone à trafic limité afin de ne pas limiter la réglementation aux émissions polluantes des véhicules.
  • Créer un maillage d’espaces logistiques urbains avec 4 niveaux, y compris des espaces logistiques de quartier. Ce maillage permettra ainsi de développer la cyclologistique. Les espaces situés sous le périphérique sont d’ailleurs utilisés pour certains de ces espaces !
  • Créer un réseau de voies électriques en Ile-de-France (par caténaires ou induction).

Il s’agit d’une vision très prospective de la logistique urbaine dans Paris et l’Ile-de-France, qui permettra de faire en sorte que

  • Les camions en transit ne passent plus par la zone dense
  • Les camions mal optimisés ne puissent plus desservir la zone dense
  • La professionnalisation et la consolidation des flux est incitée et réglementée
  • La transition énergétique, vers la cyclologistique, les véhicules autonomes et les véhicules utilisant des autoroutes électriques devient une réalité à grande échelle
  • La logistique urbaine devient alors un segment de création de valeur pour l’Ile-de-France.

Bonne visite au Pavillon de l’Arsenal ! et bravo aux 4 équipes qui ont fait preuve d’un formidable esprit de créativité et d’imagination sur le devenir de ces 1250 kilomètres !

Vivatech, les drones et véhicules autonomes à l’honneur !

Logicités a relevé pour vous quelques-unes des initiatives les plus nouvelles dévoilées lors de Vivatech.

Commençons par les stands de start-ups africaines.

Sur le stand du Rwanda, marqué cette année par la visite du président Paul Kagame, nous avons identifié la société Charris UAV. Cette société est la première société rwandaise de transport et de services par drone.

Charris effectue à l’aide de drones des missions de photographie aérienne, de contrôle des cultures agricoles ou des chantiers de construction, pulvérisation aérienne de produits anti-moustique dans des zones touchées par la malaria.

Le Rwanda est aussi un pays qui a développé des services de livraison par drones dans des zones reculées. Cela concerne notamment le transport de produits sanguins.

Sur le pavillon africain, nous avons aussi identifié le Sunshine kiosk, mis en place par Total. Il s’agit d’un kiosque totalement autonome sur le plan énergétique (avec panneau photovoltaïque) et doté de nombreuses idées très adaptées aux zones rurales africaines : réfrigérateur, accès et écran internet, borne de recharge de smartphones, TV.

Ce kiosque apporte alors une solution clé en main dans les zones rurales non équipées de réseau énergétique.

Au rayon des véhicules autonomes, nous trouvons notamment le véhicule « follow me » d’Effidence, testé par La Poste. La start-up française TwinsWheel, présentait, sur 2 stands du salon, les différents modèles de robots de livraison. Celui utilisé par Franprix et qui sera prochainement testé à Montpellier, et également le robot testé par Enedis à Toulouse. Ce robot sert de caisse à outils pour les techniciens, qui suppriment alors un véhicule.

Le robot de livraison trouve de nombreuses applications, encore en test. Mais l’objectif est bien de réduire le nombre de véhicules dans les agglomérations.

De nombreuses innovations dans le retail ont été présentées à Vivatech. Nous en retiendrons une qui nous a semblé intéressante dans un contexte de développement durable.

L’application Clean Bill vise à supprimer les tickets de caisse en les dématérialisant. L’application donne accès à tous ses achats auprès des différentes enseignes (avec les caractéristiques de l’achat). La dématérialisation des tickets de caisse a alors pour objectif de supprimer le ticket papier, qui 9 fois sur 10, n’a aucune utilité. Par ailleurs, un système de notation concernant les livraisons est proposé sur cette application afin que le commerçant sache si cette dernière s’est bien déroulée. Il s’agit donc aussi d’une aide pour le commerçant afin de suivre les achats de ses clients.

Vivatech était aussi l’occasion de présenter de très nombreux modèles de cyclologistique, de scooters électriques et le tout nouveau véhicule de livraison Renault EZ-Flex, testé par La Poste.

Les start-ups digitales du transport et de la logistique, comme Wakeo, Transchain, Yper, Shippeo ou Cocolis étaient aussi présentes sur Vivatech.

Plus que jamais, Vivatech devient un important rendez-vous technologique pour les solutions du dernier kilomètre.

Ikea ouvre ses portes à Paris : Logicités y était !

Après Leroy-Merlin, Boulanger, Decathlon ou E.Leclerc, c’est au tour d’Ikea de se tourner vers les parisiens.

Grands oubliés des enseignes de distribution périurbaines, les parisiens ont une particularité… C’est que la majorité d’entre eux n’ont pas de voiture.

Pourtant, ils ont comme tous les français besoin de se loger, de s’habiller, de faire leurs courses quotidiennes.

On peut d’abord s’étonner que les grandes enseignes aient mis tant de temps à s’apercevoir de l’existence de cette clientèle, pourtant dotée d’un fort pouvoir d’achat. Au-delà de sa population, Paris est aussi un pôle de passage pour des touristes et de nombreuses personnes habitant en périphérie et travaillant dans Paris.

Le flagship d’Ikea n’est donc pas anodin.  Au cœur de Paris, Ikea a fait le choix d’une surface atypique, 4 fois plus petite qu’un magasin Ikea traditionnel.

Au-delà de la taille, ce qui frappe d’abord le visiteur, c’est un sentiment de liberté, jusqu’alors inconnu chez Ikea. Le parcours n’est pas imposé et le client est libre de se promener dans l’univers qu’il souhaite.

Le magasin est d’abord un showroom. Impossible bien entendu de tout exposer et de tout stocker. Les réserves sont d’ailleurs inexistantes. Les nombreux écrans permettent au client de personnaliser les aménagements (cuisine, salle de bain), de vérifier la disponibilité des produits, de se renseigner. Des conseillers sont d’ailleurs présents, et disposent d’espaces spécifiques. Il est possible de prendre rendez-vous avec eux afin de constituer son aménagement. Donc finie la queue pour aménager sa cuisine !

    

Pour faciliter la vie des clients, mais aussi réduire les coûts de personnel, les caisses sont pour la plupart automatiques et le restaurant, qui aura sans nul doute un grand succès à cet endroit privilégié de Paris, est doté de bornes automatiques de commande.

    

Les vraies innovations de ce nouveau magasin Ikea sont au niveau de la livraison. De nombreuses solutions sont proposées au client.

Tout d’abord le click & collect. Le client commande sur internet et retire le produit au comptoir click & collect le lendemain. Il peut aussi utiliser un réseau de points relais (Mondial Relay).

Le client peut choisir d’être livré chez lui sur créneau horaire, avec un service de livraison dans la pièce. Le coût de la livraison est de 45 € à 85€ en fonction du montant commandé. Les produits proviennent alors du tout nouvel entrepôt de Gennevilliers. Ikea a choisi 2 transporteurs, Vir et Trusk.  Si le client demande à Ikea de faire la préparation de commandes, le prix est plus élevé, 59 € et 99 €. On peut être surpris de cette différence, bien rarement pratiquée dans l’e-commerce.

Le client peut aussi choisir d’être livré immédiatement, en l’occurrence dans les 2 heures. Le coût de cette livraison instantanée est d’un minimum de 39€.

Les commandes de moins de 20 kg peuvent être livrées par colis postal pour un montant de 5,90 €.

Le client peut aussi louer un véhicule au prix de 9 € / heure, dans le cadre d’un partenariat avec Renault Mobility. Mais après enquête auprès d’un vendeur, cette solution ne semble pas proposée dans ce magasin (ou est-ce l’effet premier jour et manque d’information).

Enfin, deux solutions originales de livraison sont proposées dans ce magasin de Madeleine :

Le client peut choisir d’être livré en vélocargo biporteur par la startup Olvo, qui mérite d’être félicitée pour cette initiative ! Le prix proposé est à partir de 4,90 €.  D’après les photos, et malgré la volumétrie des produits, il semble que des livraisons même assez conséquentes pourraient être livrées à vélo.

Une autre solution est proposée aux clients : un service de taxi, en partenariat avec Marcel.cab. Ces véhicules sont annoncés comme électriques.

Si certaines solutions de livraison sont innovantes, il n’en reste pas moins que l’éventail des solutions pour le client final semble assez complexe à comprendre. Par ailleurs, sauf si la situation a changé lors des derniers jours, il semble que les livraisons directes au départ de l’entrepôt de Gennevilliers ne soient pas encore, malgré les annonces d’Ikea dans la presse, réalisées en véhicules électriques ou GNV. Il y a là une réelle marge de progrès pour Ikea, qui risque de brouiller son image si cette situation perdure.

Ceci d’autant plus que le magasin montre de nombreux efforts environnementaux.

Un grand bravo pour les aménagements de ce magasin, qui sera sans nul doute une des adresses commerciales du quartier de la Madeleine !