Le débat sur la loi de transition énergétique, c’est demain !

La loi sur la transition énergétique, qui est censée modifier très profondément notre rapport à l’énergie fait actuellement l’objet d’un examen à l’Assemblée et d’un débat qui débute demain.imagesCAQKK5O6

Promis depuis 2 ans ½, ce projet de loi s’attaque à des sujets très divers : la politique énergétique, la réduction des énergies fossiles, l’augmentation de la part des énergies renouvelables, la réduction de la part du nucléaire, l’isolation des bâtiments, l’économie circulaire et un volet transports.

Concernant les transports, il y a lieu de s’étonner d’un certain nombre de sujets. Les obligations imposées à l’Etat et aux collectivités locales d’équipement en véhicules électriques et hybrides ne s’appliquent pas à certains secteurs comme la police. Ceci est regrettable quand on sait que certaines villes comme Curitiba au Brésil utilisent comme levier de communication l’équipement de la police municipale en véhicules électriques !

Il est prévu l’investissement dans 7 millions de bornes de recharge de véhicules électriques, ceci sur tout le territoire. C’est évidemment considérable et permettra d’aider au développement de cette filière.

Pour le transport de marchandises, qui nous concerne, les bornes sont bien évidemment utiles, mais le principal sujet est l’offre compétitive de véhicules. Nous avons l’opportunité exceptionnelle de développer une offre française, à condition rattraper le temps perdu.

En effet, le vrai problème est le coût de ces véhicules mais aussi leur fiabilité technique.

Très adapté au périmètre urbain, qui nécessite des distances courtes correspondant souvent à l’autonomie des batteries, le véhicule électrique de livraison est confronté à plusieurs défis :

  • Une offre industrielle quasiment inexistante de la part des grands constructeurs français. Seuls certains constructeurs indépendants, comme Muses, apportent des solutions concrètes.
  • Une fiabilité technologique qui pose parfois problème avec des taux de pannes très élevés sur certains modèles
  • Un surcout qui n’est aujourd’hui pas compensé

Cette loi est une formidable opportunité de pousser les fabricants à développer une filière. Elle constitue également une chance pour les collectivités locales d’aider les pratiques vertueuses.

La solution la plus simple est d’autoriser les véhicules électriques de livraison à utiliser les voies de bus. Pourquoi les taxis, auxquels aucune règle de pratique vertueuse sur le plan de la pollution n’est imposée, sont-ils autorisés à utiliser ces voies alors que les « taxis de marchandises », les transporteurs, ne le seraient pas alors même qu’ils investissent dans des véhicules moins polluants ?

Si le surcout d’acquisition ou de location d’un véhicule de livraison électrique est compensé par une meilleure productivité, les professionnels évalueront l’intérêt.

Au-delà d’une loi, dont nous connaissons tous les limites (la loi Grenelle II était au moins aussi ambitieuse que celle-ci et a été bien vite oubliée), le véritable enjeu est local. Les villes ont l’opportunité de prendre des décisions qui incitent les professionnels à effectuer des choix d’investissement pertinents. Les transports de marchandises en ville comptent pour une part importante des externalités négatives induites et justifient ces choix au nom de la santé publique.

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