Uber et contre tous

 

Uber est connu comme l’ennemi des taxis qui manifestent régulièrement et à nouveau demain. Il est vrai que le modèle d’Uber bouleverse les schémas en place et perturbe.

En fait, la déferlante Uber pourrait dépasser très largement l’enjeu des taxis. Uber, valorisé à un chiffre record 17 milliards $ (Facebook est à 50 milliards $…), voit beaucoup plus loin. Il teste actuellement la livraison en course B to C à New York.

Les chauffeurs sont pour partie des particuliers (le service Uberpop), ce qui est autorisé dans de nombreux pays. En France, le transport de marchandises est une activité réglementée, donc en principe interdite au modèle Uberpop.

Il existe cependant des failles. Tout d’abord, les livraisons urbaines à pied (en utilisant les transports en commun) ou à vélo ne sont pas concernées, l’attestation de capacité concernant des véhicules motorisés. Une assistance électrique n’est pas un moteur. Ce mode de transport, à pied ou en vélo est d’ailleurs utilisé par Uber à New York. Il s’agit évidemment de colis de taille modeste.

Au-delà de l’aspect réglementaire, le transport de colis dans une voiture s’apparente à du covoiturage, qui est bien entendu légal et même encouragé pour des raisons écologiques et économiques.

Les mêmes raisons peuvent inciter un développement de covoiturage de colis. En effet, les technologies actuelles à partir de géolocalisation, qui sont le fondement du modèle Uber, permettent d’optimiser les trajets en recherchant le véhicule le plus proche et de réaliser des livraisons en théorie de façon rationnelle.

Se pose alors un problème juridique qui peut avoir des conséquences significatives. Comment est-il possible d’imaginer que le transport de personnes par covoiturage soit parfaitement légal, ce qui est évidemment le cas, alors que le covoiturage de colis ne le serait pas ?

Le modèle Uber a un mérite essentiel. Il nous incite à réfléchir à la pertinence de nos modèles. Si des règles doivent évoluer, elles sont probablement plus environnementales que protectionnistes.

Alors aidons le modèle Uber à se développer en France, mais en lui imposant des règles de protection environnementale et sociétale. S’il nous aide à réduire la congestion des villes, c’est OUI. S’il nous aide à réduire la pollution des villes, c’est OUI. S’il nous aide à améliorer la fluidité des centres urbains, c’est OUI. Si c’est simplement une concurrence déloyale sans apport nouveau, alors soyons vigilants.

La déprofessionnalisation du transport de personnes au travers du covoiturage pourrait-elle être étendue aux marchandises sans risques ?

Ce que l’on peut reprocher sur le sujet Uber, c’est la réglementation après coup. Concernant les marchandises et le dernier kilomètre nous savons d’ores et déjà que le sujet arrivera tôt ou tard à l’initiative d’Uber ou d’un autre groupe utilisant le même modèle. Alors commençons à réfléchir aux nouveaux modèles et aux avantages que nous pourrions trouver sur le plan de la livraison urbaine et de l’environnement. Et n’attendons pas Uber pour les mettre en œuvre si c’est un progrès !

3 réponses
  1. Avatar
    fredo dit :

    Bonjour, mais il est déjà possible d’envoyer ses colis par des particuliers non? Il me semble que j’ai déjà lu un article sur ce sujet.

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  2. Avatar
    Jérôme Libeskind dit :

    Le transport est aujourd’hui en France une profession réglementée, en tout cas le transport en véhicule motorisé (pas à vélo…). Le co-voiturage de colis pose, comme d’ailleurs les VTC, un problème de faille de la réglementation. Comment pourrions-nous autoriser le covoiturage de personnes, comme c’est le cas et pas le covoiturage de colis ?

    Répondre

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