S’il te plaît … Dessine-moi une ZAPA

Les images de la tour Eiffel dans un nuage de pollution ont fait le tour de monde depuis quelques jours.paris pollution
On accuse les voitures, camions et autres pollueurs. Evidemment, ce n’est pas si simple et les pouvoirs publics ont aussi leur part de responsabilité.
La circulation automobile – véhicules particuliers et utilitaires- constituent la première source de pollution aux particules fines, ceci notamment du fait du diesel, que les pouvoirs publics, toutes tendances confondues, favorisent depuis des décennies…
Mais les choses ont évolué notamment du fait du Grenelle de l’Environnement. Les Zones d’actions prioritaires pour l’air (ZAPA) sont une des dispositions du Grenelle 2. Les agglomérations de plus de 100 000 habitants ont la possibilité d’interdire l’accès à certains types de véhicules (légers ou poids lourds) qui génèrent un niveau de pollution élevé en particules fines et oxyde d’azote.
De façon simplifiée, l’objectif est d’interdire l’accès à des véhicules anciens et plus polluants que les véhicules récents.
On peut à juste titre s’étonner que ces dispositions légales ne soient pas encore mises en pratique alors même que nous connaissons des niveaux de pollutions inacceptables.
De très nombreuses villes européennes, en Grande Bretagne (Londres), en Italie, en Suède ou en Allemagne notamment ont pris ces mesures depuis longtemps. Il n’y a donc rien d’anormal à cela et les villes françaises ne seraient d’ailleurs pas particulièrement en avance.
Une « low emission zone » (terme utilisé à Londres) a le mérite d’inciter au renouvellement du parc par des véhicules plus récents.
Concernant les grandes villes françaises et notamment Paris, une ZAPA aurait un effet majeur du la logistique urbaine. En effet, la chaîne de sous-traitance dans la distribution de Paris met en position centrale un très grand nombre d’artisans transporteurs, ou louageurs, qui effectuent les derniers kilomètres avec leur propre véhicule, souvent ancien et donc polluant. Les groupes de transport qui sous-traitent à ces artisans devront nécessairement intervenir afin d’aider ces transporteurs à moderniser leurs outils de travail et à sortir de l’ère du 100% diesel dont nous constatons les effets.
La mise en place d’une ZAPA est une nécessité et une urgence. Mais elle doit aller de pair avec une aide des pouvoirs publics à un renouvellement du parc et des mesures incitatives pour que ce renouvellement soit effectué avec des véhicules au GNV, électriques ou éventuellement hybrides (ce qui constitue cependant une solution partielle). La ZAPA doit faire partie d’une politique globale. Pour que les transporteurs s’équipent de véhicules « propres », il faut des stations GNV, des bornes de recharge électrique, des stations de changement des batteries, une offre de véhicules, des mesures réglementaires incitatives dans les villes. C’est donc un maillon dans une politique globale de logistique urbaine.
Ne soyons pas des moutons ! Inventons des ZAPA qui ne soient pas seulement répressives, mais dynamiques et créatrices de nouveaux modèles vertueux de distribution des villes.

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