Les livraisons à domicile… ne datent pas d’hier

                                                        Au Bon Marché - Livraisons à domicile                          livraison grand magasin

La livraison à domicile, notamment dans le cadre des achats sur internet ou des achats d’alimentation, est une des évolutions notables de la logistique urbaine.  Hervé Street, président de Stars Service, expliquait lors d’une conférence récente, que la livraison à domicile représente 400 000 tonnes par an. L’enjeu économique, mais aussi logistique, est donc énorme et ce service à la personne est en  pleine croissance dans les centres urbains notamment à Paris.

Grands Magasins du Louvre -b

                                                                         printemps Livraisons

Comme il est souvent le cas lorsque l’on parle de logistique urbaine, cette fonction logistique n’est pas nouvelle. Les commerces ont depuis longtemps apporté aux consommateurs ce service qui permet ainsi de fidéliser les clients.

Rappelons-nous des triporteurs Nicolas dans les années 60.

En remontant encore plus loin dans le temps,  les grands magasins créés durant la seconde moitié du 19ème siècle, par exemple les Grands Magasins du Louvre, le Bon Marché ou la Samaritaine, apportaient ce service et, comme en atteste les cartes postales de l’époque, de façon très étendue. Les cartes postales du début du 20ème siècle montraient des files ininterrompues d’attelages de livraison puis plus tard de voitures de livraison à domicile des marchandises achetées dans ces magasins. Il était même habituel à l’époque de se faire livrer ses achats effectués dans les grands magasins.

Le Bon Marché n’avait pas encore inventé le Drive … mais la notion de service, qui s’est progressivement estompée au profit de la notion de prix bas, était bien un des axes différenciateurs des Grand Magasins par rapport au commerce traditionnel de l’époque.

La notion de service à la personne, qui se situe au cœur même du principe de livraison à domicile, conçue pour des habitants essentiellement urbains et pas toujours véhiculés, a à la fois une histoire et un avenir. Sa croissance actuelle à un rythme rapide correspond à l’évolution de nos besoins de recherche de services, de facilité, et de gain de temps.

Une solution venant de Scandinavie pour la livraison à domicile des achats effectués sur internet

image mywaysVous achetez sur internet et n’êtes pas chez vous pour réceptionner les colis ? DHL vient de mettre en pratique, à Stockholm, une solution très originale par son concept, l’implication d’acteurs tiers et son fonctionnement. L’idée de MyWays (c’est le nom de cette plate-forme), part d’un principe simple :

  • – De nombreux internautes sont disposés à payer un peu plus pour se faire livrer à l’heure et le lieu qu’ils souhaitent
  • – De nombreux habitants (étudiants par exemple) sont prêts à effectuer ces livraisons moyennant une petite rémunération.

DHL a eu l’idée, actuellement en test pour un de ses clients (Addnature), de faire développer une application smartphone qui met en relation les demandes des internautes et les offres des « livreurs occasionnels ».

L’internaute indique lors de la passation de la commande le lieu, date et heure souhaitée de livraison (par exemple le soir), le prix qu’il est disposé à payer en complément. L’offre est publiée sur l’application mobile MyWays, à la disposition des personnes disposées à effectuer cette livraison. Le « livreur », abonné au service MyWays, se déclare, demande à récupérer le colis à un point DHL proche de chez lui et effectue la livraison.

Ce service, certes encore en test, est une vraie évolution (ou révolution) dans la livraison du dernier kilomètre, car il transforme les individus en livreurs et apporte ainsi un service aux internautes pour  la récupération du colis à l’horaire souhaité.

Il constitue également une évolution vertueuse dans le sens des services à la personne, mais aussi de création de petits jobs par exemple pour les étudiants, qui constituent la majorité des livreurs déclarés.

Cette expérience originale pose cependant de nombreux problèmes : responsabilité, assurance, suivi informatique de la livraison, gestion des souffrances. Le transport est un métier. Dans le cas présent, il est effectué par des non professionnels. Mais les avantages sont nombreux : réduction des nuisances environnementales, liens sociaux, service aux internautes.

Cette expérience tout à fait novatrice est-elle réalisable en France ? La situation de la France et notamment de Paris, n’est pas du tout comparable, sous de nombreux aspects, avec Stockholm. Mais ne nous arrêtons pas sur ces préjugés! La croissance exponentielle, au rythme de 20% par an, des achats sur internet nécessitera la recherche de solutions nouvelles. Celle-ci en est peut-être une, bien sûr basée sur la confiance. Mais c’est déjà le cas dans de nombreux cas, comme par exemple le covoiturage ou les achats sur Ebay.

https://www.myways.com/

La Canopée, une occasion rêvée pour la logistique urbaine à Paris…

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L’idée venait de Napoléon 1er, mais c’est son neveu, Louis Napoléon Bonaparte, Napoléon III, qui réalisa la construction des Halles de Paris. Plus exactement, le chantier avait débuté en 1847 et avait été interrompu par la révolution de février 1848. Napoléon III chargea son tout nouveau Préfet de la Seine, Georges Eugène Haussmann, de réaliser le projet.

Le grand visionnaire qu’était Napoléon III avait des idées très arrêtées sur l’architecture des Halles. « Ce sont de vastes parapluies qu’il me faut, rien de plus ». Napoléon III ne voulait pas de pierre. Il voulait du fer et du verre. C’est le cahier des charges que le baron Haussmann imposa à Victor Baltard, qui était plus habitué aux constructions en pierre, par son passé de Grand Prix de Rome.

C’est ainsi que les Halles de Paris, qui devaient à l’origine être desservies par un chemin de fer souterrain, furent réalisées. 6 pavillons de 2400 mètres carrés chacun, puis 4 autres pavillons de 2925 m² chacun, avec deux niveaux de caves, le tout sur un terrain d’environ 33 hectares.

Au cœur même de la distribution des marchandises dans Paris pendant un siècle, ce site est aujourd’hui à nouveau en chantier. Nous découvrons le chantier de La Canopée, réalisée par les architectes Patrick Berger et Jacques Anziutti. Le fer est bien là, le verre aussi. Le parapluie cher à Napoléon III est l’idée même de cet ouvrage. Les architectes ont ajoutés le bois.

Nous trouverons dans cet ensemble des commerces, une bibliothèque, un conservatoire et même un centre de hip hop. Mais qu’en est-il de la fonction de logistique urbaine ? Ce magnifique site au cœur de Paris aurait été une occasion parfaite pour y intégrer un Espace Logistique Urbain, permettant la desserte avec des moyens respectueux de l’environnement des quartiers centraux de la capitale.

Nous ne pouvons que regretter qu’au-delà de l’architecture de ce site exceptionnel, inspirée de l’histoire,  La Canopée ne reprenne pas, avec le décalage nécessaire dans le temps, l’idée de ce cœur de Paris voué à la logistique urbaine.