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CES Las Vegas : les robots et véhicules autonomes sont les vedettes

Le rendez-vous mondial de l’électronique nous apporte son lot d’innovations. Les medias, qui relaient les keynotes et présentations mettent l’accent sur l’IOT et les robots.

Jamais probablement nous n’avons vu autant d’initiatives de robots et véhicules autonomes. Essayons de résumer quelques-unes des principales innovations pour ce qui concerne le dernier kilomètre et la livraison urbaine.

La principale innovation nous vient de Toyota. Le véhicule e-Palette, présenté lors du CES, est un véhicule autonome hybride. Contrairement aux autres concepteurs de véhicules autonomes, Toyota ne s’est pas contenté d’automatiser un véhicule et le rendre autonome. Il a revu intégralement le concept même du véhicule et s’est posé la question de savoir à quoi sert un volume qui se déplace sur un territoire. Il en est arrivé à différentes utilisations : transporter des personnes, leur permettre de travailler, déplacer un atelier (en l’occurrence un fab lab), transporter des marchandises.

Le véhicule devient, grâce à l’e-Palette, un véhicule hybride de transport de personnes et de marchandises. C’est là une très importante innovation que les constructeurs avaient tout simplement oublié. Un véhicule peut servir à plusieurs usages. C’est ce concept qui avait fait, dans les années 1980, le succès du véhicule VW Combi. Toyota va plus loin en l’adaptant aux commerces ambulants, aux circuits courts.

En sorte un vrai projet de mutualisation et une révolution dans la conception des véhicules.

Autre innovation présentée sur le CES, celle du Robomart. Cette startup californienne a réinventé l’épicerie ambulante. Ce véhicule autonome, extrêmement innovant et design, est prévu pour pouvoir livrer des fruits et légumes, des produits frais ou des plats chauds. Le véhicule est un concentré de technologie qui cumule autonomie du véhicule et autonomie du magasin, détectant les produits qui sont prélevés afin de facturer l’achat. En quelque sorte le magasin sans caisse, comme le testent actuellement Amazon, JD.com, Alibaba, Auchan et Walmart, mais intégré dans un véhicule autonome, qui se déplace chez le consommateur. Une autre vraie révolution !

Citons parmi les principales innovations annoncées celle de la start-up californienne UDELV qui présente un projet de véhicule autonome de livraison de colis qui pourrait être testé prochainement à San Fransisco.  Autre annonce, celle de Ford qui propose de développer des véhicules autonomes de livraison en partenariat avec Instacart.

Les petits robots autonomes de livraison sont aussi très présents au CES. Citons la toute nouvelle version du robot de la start-up française TwinswHeel, présentée en avant-première à Las Vegas.

Robot TwinswHeel dans les allées du CES de Las Vegas

Autre modèle présenté, celui de la start-up californienne Robby Technology, qui est testé à Los Angeles par Postmates et Top Chef pour la livraison de repas.

Le nombre de modèles de petits robots de livraison devient impressionnant. La fonction de véhicule suiveur, donc permettant à un livreur de réduire son poids de charge et être accompagné d’un robot qui porte des marchandises, semble promise à un grand avenir. Le petit véhicule autonome reste une perspective, même si techniquement, il est de plus en plus opérationnel. Quel sera le modèle économique ? Comment les villes accepteront ces nouveaux véhicules ? Où rouleront-ils ? Comment accéderont-ils au destinataire ?Autant de questions auxquelles il conviendra de trouver des réponses.

La livraison autonome : un rêve ou un avenir prometteur ?

Il y a seulement quelques mois, cette annonce nous aurait semblée dénuée de tout sens. Otto, filiale d’Uber, vient d’annoncer qu’un premier véhicule autonome de livraison a été mis en service, à titre expérimental, dans le Colorado. Bien sûr, le trajet « autonome » est à ce jour limité à un parcours autoroutier, donc avec moins de contraintes qu’en milieu urbain.

Véhicule de livraison autonome Otto

Véhicule de livraison autonome Otto

Le progrès technologique des véhicules de livraison autonomes permettra, d’après le concepteur, d’apporter une réponse à la carence de conducteurs présente aux Etats-Unis. Un des objectifs, au demeurant tout à fait intéressant, est de participer à la réduction de l’accidentologie.

Cette expérience prometteuse n’est pas la seule, même si la présence d’Uber apporte un caractère médiatique à cet essai emblématique. Daimler avait déjà testé l’an passé un véhicule poids lourd autonome sur des autoroutes du Nevada.

Le modèle testé aux Etats-Unis, mais aussi au Japon, concerne des véhicules poids-lourds et des livraisons massifiées.

Un autre modèle tout à fait innovant a été annoncé en test dès début 2017 au Japon. Il s’agit d’un véhicule de livraison de colis autonome en milieu urbain. Ce véhicule cible prioritairement la livraison de colis B to C.   Son aménagement surprend avec de part et d’autre un ensemble de consignes automatiques même si le véhicule lui-même semble semblable à tout autre véhicule utilitaire léger. Le véhicule électrique se déplace vers un e-marchand qui insère les colis dans les consignes. Puis le véhicule, comme un véhicule de livraison ordinaire, se dirige vers les différents clients. Les clients sont avertis par SMS et disposent d’un code permettant de récupérer leur colis et d’un temps maximum.

Véhicule autonome de livraison Yamato

Véhicule autonome de livraison Yamato

Ce modèle, imaginé par Yamato, semble également intéresser Google, qui a déposé en février 2016 un brevet de véhicule de livraison autonome conçu avec le même principe d’ensemble de consignes automatiques disposées sur un véhicule. Ce brevet de Google, dénommé « autonomous delivery platform », semble basé sur les mêmes technologies que celles de la voiture autonome Google car.

Brevet du véhicule de livraison autonome Google

Brevet du véhicule de livraison autonome Google

Le brevet de Google prévoit que le véhicule puisse avertir directement le destinataire de l’arrivée prochaine de sa livraison afin que celui-ci puisse se préparer à collecter son colis au droit du véhicule.

Avec une vision différente et tout aussi futuriste, l’entreprise Ideo a imaginé un véhicule autonome de livraison transparent, le Cody. Ce véhicule est doté d’un automatisme permettant de choisir les meilleurs itinéraires et d’un bras permettant de collecter et mettre à disposition les colis.

Véhicule autonome de livraison Cody

Véhicule autonome de livraison Cody

Au-delà des prouesses technologiques que représenteraient ces nouveaux véhicules, il est intéressant d’imaginer les conséquences que pourraient avoir dans l’avenir le déploiement de tels véhicules dans les villes, sur le plan de la logistique urbaine.

Je vois au moins 3 effets qui pourraient modifier notre façon d’appréhender ce type de véhicules.

Tout d’abord, le coût de la livraison devrait en être impacté. En effet, si le véhicule est chargé chez un e-marchand de proximité, et se déplace tout seul vers les clients, sont alors évités :

  • Une rupture de charge habituellement présente dans la chaîne du transport
  • Les kilomètres liés à cette rupture de charge
  • Le coût du personnel conduisant le véhicule et livrant les colis

Il s’agit donc probablement 20 à 30% d’économie voire plus sur le coût du dernier kilomètre. Il y a donc là un impact majeur qui motive vraisemblablement les concepteurs de ces projets.

Sur le plan environnemental, nous pouvons imaginer que ces véhicules électriques optimisent totalement les livraisons en en massifiant les positions. Ainsi, un e-marchand de proximité (ou magasin physique) charge au même endroit les 20,30 ou 50 cases du véhicule. Ce véhicule se déplace vers un quartier dense ou un grand immeuble tertiaire et, durant un créneau donné, les clients avertis vont chercher leurs colis. Il s’agit donc là d’une consigne déplaçable vers le client permettant ainsi la massification des flux et l’accessibilité.

L’impact environnemental peut être perturbé par le modèle et l’optimisation du véhicules. Les premières images présentent des véhicules avec très peu de cases donc une optimisation assez faible. Mais il est probable que ces premières modélisations seront par la suite optimisées afin de contenir 50 ou 80 positions, soit autant casiers.

Sur le plan du service au consommateur, il s’agit bien de livrer des colis au plus près du consommateur, mais idéalement à des emplacements pré-affectés et disponibles. Le consommateur se déplace durant un créneau qu’il a lui-même choisi et peut donc récupérer son colis. Nous pouvons également imaginer que ces consignes lui permettront de retourner des colis et peut-être d’en expédier afin de mieux optimiser les parcours et les véhicules.

Derrière le véhicule autonome de livraison apparaît ainsi un vaste champ d’opportunités pour la logistique urbaine et la livraison de colis. Un camion autonome peut donc en cacher un autre…