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Repenser l’utilisation de l’espace public !

Les métropoles françaises ont la particularité d’être organisées autour d’espaces publics importants, souvent 15 à 20% de leur surface.
Cet espace public est destiné à de nombreux usages : trottoirs, terrasses de café, espaces verts, voirie de circulation et stationnement.
Le développement des mobilités douces de personnes, mais aussi la volonté de mettre en œuvre des solutions de logistique urbaine nécessitent de se poser la question du partage de ce bien rare et convoité par de nombreux usages.
La voirie est souvent constituée d’un espace central de circulation, divisé entre la circulation, 2 voies de stationnement et 2 trottoirs. Les voies de circulation sont de plus en plus souvent redivisées, suivant leur largeur, avec une voie réservée, pour les bus, taxis et véhicules d’urgence et une voie cyclable.
Cette division de l’espace public pose de réels problèmes d’efficacité.

Réduire la place de la voiture individuelle

Il s’agit tout d’abord du stationnement. Dans les villes françaises, contrairement à nombre de villes dans le monde, le stationnement en surface des voitures est autorisé. A Paris, ce sont 150 000 places réservées à cet usage. En prenant une surface de 12,50 m² par place, ce sont donc 187 hectares réservées à stationner des voitures.
Est-ce vraiment justifié, sachant que 2 parisiens sur 3 n’ont pas de véhicule individuel ?
Certes, lors des 20 dernières années, de nombreuses places ont été récupérées, pour l’installation du Velib, ou pour le stationnement des 2 roues, parfois pour la réalisation de micro-espaces verts urbains.
En parallèle, la fonction de livraison des marchandises, indispensable à la vie des commerces et des habitants, ne dispose que de 10 000 places, pour les ¾ d’entres elles partagées entre voitures et véhicules de livraison (voitures la nuit et livraisons la journée).
Malgré cela, 2 livraisons sur 3, à Paris comme dans la plupart des métropoles, sont réalisées en dehors des places de stationnement.
Il y a donc urgence à repenser le principe même des places de stationnement, tant pour les voitures que pour les véhicules de livraison.

Repenser les règles d’utilisation des voies réservées

Autre sujet, la circulation. De façon historique, les voies réservées sont destinées aux bus, taxis et véhicules d’urgence. A l’heure de la transition énergétique, nous pouvons nous poser la question de ces règles de partage. Pourquoi ne pas les destiner, aux mobilités douces et propres : transports en commun (de plus en plus souvent au GNV), taxis et VTC mais exclusivement en véhicules propres (électrique et hydrogènes), véhicules de livraison électriques et GNV, vélos et 2 roues électriques ?
Ce serait une forme d’incitation pour les flottes de taxis et VTC, mais aussi les transporteurs, de verdir leurs flottes, trop souvent au diesel. En leur donnant un avantage sur le plan de la productivité, ces activités pourraient ainsi trouver un intérêt à changer de type de véhicule et mieux participer à la transition énergétique.

Réduire les obstacles sur les trottoirs

Dernier aspect concernant l’espace public, les trottoirs. Ils accueillent nombre d’activités : les piétons, mais aussi les poussettes, fauteuils roulants, terrasses de cafés, étalages de commerces ou mobilier urbain.
Là aussi, repenser l’usage et la matérialisation des trottoirs pourrait permettre d’en améliorer l’efficacité. Le dénivelé pose un problème pour la livraison des marchandises. Les livreurs doivent en effet l’emprunter pour livrer les commerces. Une des idées serait de se poser la question des obstacles physiques. En récupérant des espaces utilisés pour le stationnement et en supprimant l’obstacle physique, il serait alors possible d’imaginer, comme au Japon, de vastes espaces utilisés conjointement pour les piétons et les vélos. L’absence de dénivelé permettrait de faciliter les livraisons, qui pourraient alors s’effectuer en toute sécurité.
Repenser l’espace public, c’est alors le fluidifier pour en améliorer l’usage. Un espace public plus efficace permet alors une logistique plus productive et moins polluante. La logistique urbaine passe donc nécessairement par une réduction de la place accordée à la voiture individuelle dans les villes.

Atelier Logistique Urbaine au Mans le 26 octobre 2017 : problèmes et solutions

Trop souvent, la logistique urbaine est assimilée aux grandes agglomérations, Paris, Lyon, Marseille et la dizaine d’autres grandes métropoles régionales pour ce qui concerne le territoire français.

28ème aire urbaine française, Le Mans concentre pourtant, comme d’autres agglomérations françaises, de nombreuses problématiques que nous souhaitons améliorer par des solutions de logistique urbaine : qualité de l’air, congestion urbaine au moins pour les axes d’entrée de ville, problématique des commerces de centre-ville, zones commerciales périphériques, drives, développement de l’e-commerce et fragmentation des flux.

    

Le 26 octobre à 14h30, la Direction Départementale de la Sarthe a organisé un atelier sur la logistique urbaine et les commerces. Cet atelier, le premier dans cette ville des Pays de la Loire, a permis de partager la connaissance sur ce vaste sujet et de présenter les résultats de l’étude réalisée par Samarcande et Logicités. La restitution de l’étude a permis de mettre en exergue les problématiques de la logistique urbaine, les résultats de l’enquête effectuée auprès de 273 commerces de l’agglomération, les spécificités du territoire et les scenarios proposés. 2 des scenarios ont été particulièrement développés, celui d’un espace logistique urbain et celui d’une market place de commerces de proximité avec une organisation logistique de collecte et de livraison groupée.

Deux tables rondes ont été organisées, l’une autour des problématiques, l’autre autour des solutions.

1ère table ronde : Logistique Urbaine, quels sont les besoins de l’agglomération mancelle et des acteurs ?

  • Remy Batiot, vice-président de Le Mans Métropole
  • Erwan Denis, Intralog Consulting et Club Supply Chain Sarthe
  • Arnaud Gasnier, de l’Université du Mans
  • Jean-Luc Ourcoudo, de la CMA

2nde table ronde : Logistique Urbaine : quelles solutions ?

  • Benjamin Fruchart, City-cyclo
  • Angélique Germond, groupe La Poste
  • Frédéric Renault, CCI La Ruche Numérique
  • Idir Ait-Arkoub et Christophe Duvernois, groupe Geodis

Les deux tables rondes ont été animées par Jérôme Libeskind, expert en logistique urbaine et e-commerce, fondateur de Logicités. Près de 80 acteurs économiques se sont déplacés lors de cet événement.
  

L’atelier a été l’occasion de présenter plusieurs modèles de véhicules électriques de livraison et de matériel de cyclo-logistique : le Colibus frigorifique, Gruau, Fleximodal, La Poste.

 

Merci à tous les participants à ces tables rondes et aux entreprises qui ont pris l’initiative de déplacer des véhicules lors de cet événement.