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Pouvons-nous faire autre chose qu’utiliser le cinéma, cette arme d’émotion massive, pour réveiller les consciences et bousculer les indifférences ? Je ne l’imagine pas. »  Vincent Lindon, discours d’ouverture du festival de Cannes 2022

Projection Transition, le festival de ciné-débat autour de la transition écologique organisé par Les Shifters, association de bénévoles du Shift Project, fait son grand retour du 14 au 16 octobre prochains. À travers films et débats, les festivaliers sont invités à se créer leur propre récit plein d’espoir et de nouveaux repères et imaginaires de société.

Logicités est fier d’être partenaire officiel du festival, qui se déroulera à Paris, Nantes et Toulouse.

Afin de faire écho au dernier rapport du GIEC alertant sur les impacts croissants du dérèglement climatique et soulignant les inégalités face à ceux-ci, Projection Transition portera haut et fort la thématique de la justice climatique et sociale. Six films, chacun suivi d’un débat, permettront de mettre l’accent sur les enjeux de justice à différentes échelles à travers une programmation engagée :

  • Le garçon qui dompta le vent de Chiwetel Ejiofor : Inégalités climatiques : quelles solutions pour les pays les plus vulnérables ?
  • Soleil Vert de Richard Fleischer : Plus d’humains, moins d’humanité ?
  • En Guerre de Stéphane Brizé : Transition écologique: atout ou péril pour l’emploi ?
  • Les fils de l’homme d’Alfonso Cuarón : Réfugiés climatiques : quelles frontières dans un monde en crise ?
  • Goliath de Frédéric Tellier : Modèles agricoles : la faim justifie-t-elle les moyens ?
  • Sans Filtre (palme d’or du festival de Cannes 2022) : Urgent : société sous influence cherche nouveaux modèles ! 

Depuis toujours le cinéma s’est emparé de thèmes de société, et, pour une partie, c’est une question environnementale qui était au centre de l’intrigue. Le festival Projection Transition des Shifters vous propose de voir ou revoir un film qui nous invite à réfléchir sur un thème lié à l’environnement, pour ensuite assister à un débat avec des intervenant(e)s qui permettront de discuter des questions soulevées par le film. Les salles choisies sont de taille modeste, ce qui permet une grande interactivité avec les personnes sur l’estrade.

Venez nombreuses et nombreux !

Plus d’informations sur la programmation et la billetterie de Projection Transition : www.projectiontransition.fr

En savoir plus :

Site web : https://projectiontransition.fr/

Instagram : https://www.instagram.com/projectiontransition/

Facebook : https://www.facebook.com/FestivalProjectionTransition/

YouTube : https://www.youtube.com/channel/UCgSSefHpeDC42nXZcOy97aA

Plus les ministres de l’écologie passent, plus les problèmes environnementaux des villes s’accentuent. La presse nous apprend que la dernière ministre en date, Elisabeth Borne, est la 33ème ministre de l’environnement depuis que cette fonction a été créée, en 1971. Le ministre de l’époque, Robert Poujade, avait d’ailleurs parmi ses attributions la qualité de l’air.

Si nous faisons les comptes, un ministre de l’écologie dure en moyenne 18 mois.

La mission confiée s’apparente-t-elle alors à, une mission impossible pour que, tous les 18 mois, il soit nécessaire de nommer à cette haute fonction une tête nouvelle, un temps pleine d’ambition et de passion pour l’avenir de nos villes et de notre planète ?

L’écologie est-elle un rêve pour que, au terme d’une année ou de 18 mois, les ministres en charge de cette problématique soient à court d’idées nouvelles, de courage et d’ardeur pourtant tant nécessaire pour mener à bien une telle tâche ?

Parmi ses fonctions, ce ministre a en charge la lourde tâche de la transition énergétique.

Si les ministres de l’environnement ne datent que d’à peine 50 ans, la transition énergétique a, elle, beaucoup plus d’histoire.

La transition énergétique est en marche depuis … 1899.

En effet, à cette époque, l’ingénieur et coureur automobile belge Camille Jenatzy franchissait le cap des 100 km/h avec un véhicule électrique de sa conception, dénommé « La jamais contente ». Plus exactement, ce véhicule pulvérisa le record de l’époque, toujours en véhicule électrique, en atteignant 105, 98 km/h sur le parc agricole d’Achères.

Camille Jenatzy     220px-Jamais_contente      jamais contente

Ce curieux véhicule, en forme d’obus, a été construit par la compagnie générale belge des transports automobiles. Il était doté d’accumulateurs Fulmen (100 éléments de 2V).

Camille Jenatzy créera une usine de fiacres et de camionnettes électriques.

En 1899, il se vend plus de voitures électriques que de voitures à pétrole ou à vapeur.

la mobilité n’est qu’une affaire de temps…

Une copie de la « Jamais Contente » a été présenté au Mondial de l’Auto l’an passé.

Mais ce qui interpelle, c’est le nom de cette voiture, la « Jamais Contente ». L’histoire nous apprend que c’est l’épouse de Camille Jenatzy qui trouva le nom, en hommage à son mari avide de réussite et de progrès technologiques.

Au rythme régulier des nominations de nos ministres qui démissionnent les uns après les autres face à l’immensité de la tâche, ne pourrions-nous pas associer à cette fonction le surnom de la « Jamais Contente », en mémoire de cette époque marquée par l’ambition, la fougue, l’invention ?

N’est-ce pas cette ambition qui manque cruellement à ce poste, qui se limite souvent à une gestion administrative des services du ministère ?

Souhaitons à Elisabeth Borne de redonner à cette fonction une capacité d’innovation, de mobilisation des forces vives et des imaginations qui ne manquent pas dans notre pays. N’oublions pas  les jeunes, qui défilaient en grand nombre pour soutenir les actions pour le climat. N’oublions pas la pétition « L’affaire du siècle », qui a été soutenue par 2,4 millions de français.

Sans résultat rapide et concret, la « Jamais Contente » sera probablement la jeunesse !

Le roi Louis XI, qui a régné 22 ans (1461-1483), a eu une importance logistique souvent méconnue. Roi autoritaire, mais aussi négociateur, voyageant dans son royaume jusqu’à tenter les bains de foules (déjà à l’époque !), s’opposant sans relâche à Charles le Téméraire, Louis XI nous intéresse pour un tout autre sujet.

Nous lui devons l’invention du réseau de messagerie. Il fut en effet le créateur du premier transport régulier de courrier, dans la continuité, 6 siècles auparavant, des messagers à pied, que Charlemagne envoyait à travers l’Europe.

timbre Louis XI

En effet, en 1479, Louis XI crée, en premier lieu pour sa propre utilité, la Poste Royale, ou plutôt le formidable réseau de relais de postes, tous les 28 kilomètres (7 lieues, d’où l’origine des bottes…), distance considérée comme maximale pour un courrier au galop, nécessitant alors un changement de monture. Cette organisation a ainsi nécessité des courriers, qui portent les missives et des relais de postes, qui gèrent les montures afin de permettre au service de fonctionner, de même que des postillons, pour gérer le retour des chevaux.

Plus tardivement, sous le règne d’Henri III, au XVIème siècle, on comptait jusqu’à 250 relais de postes sur 14 itinéraires.

Ce formidable réseau, dont l’objectif unique était la transmission de l’information, nous rappelle qu’un réseau de transport est basé sur des principes simples :

1)      Un mode de transport (le cheval à cette époque)

2)      Une distance d’autonomie (28 kilomètres à l’époque)

3)      Des points de transit (les relais de postes)

4)      L’organisation du retour

Si le sujet de l’autonomie des moyens de transport n’est que peu apparu lors des dernières décennies, le développement des modes doux : cyclologistique et véhicules électriques notamment, donne toute son importance au relais, que de nos temps nous appelons Espace Logistique Urbain.

Alors sommes-tous téméraires comme Charles, en imaginant la mobilité électrique ? Devons-nous réinventer les bottes de sept lieues pour parvenir à mettre en œuvre une transition énergétique souhaitée par tous ?

L’histoire nous rappelle l’importance de la volonté publique et du courage politique pour mettre en oeuvre des infrastructures de transport efficaces, qui perdureront pour les générations futures.