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La surface commerciale la plus connectée de Paris est à la Madeleine

Boulanger a ouvert le 2 septembre son premier magasin parisien. Habitué aux espaces situés dans des zones commerciales périurbaines, Boulanger devait revoir son modèle pour capter la clientèle parisienne, plus habituée à Darty et à la Fnac.

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Boulanger a créé Boulevard des Capucines, à l’emplacement qui était auparavant celui d’Habitat, un espace de vente totalement nouveau.

Tout est fait afin de surprendre le visiteur.

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La Halle aux vêtements, est-ce la faute à la concurrence ?

1600 licenciements dans un groupe qui était encore il y a peu un des fleurons français de la distribution, c’est évidemment un choc, un cataclysme dans un monde de la distribution qui a déjà connu les fermetures de Virgin et Surcouf.

La presse s’étend sur les raisons liées à des erreurs de positionnement, à la concurrence de H & M ou Zara ou à la crise économique.

Ces causes sont probablement en partie exactes.

Mais il manque probablement un volet, qui est l’adaptation de l’enseigne au modèle de distribution du 21ème siècle.

En 10 ans, la nature même de magasin a changé. Un magasin n’est pas seulement fait pour acheter. Il a maintenant de nombreuses autres fonctions de Vivarte n’a probablement pas su développer suffisamment rapidement.

magasin fonctions

Un magasin est maintenant un maillon dans une chaîne cross canal. Il sert à regarder, essayer, comparer, un produit qui sera ensuite acquis calmement chez soi sur internet. C’est ce qui est appelé le showrooming.

Un magasin sert également en sens inverse à retirer un produit que le consommateur aura cherché longuement sur internet auparavant. C’est le webrooming.

Le magasin a un rôle de point relais. Le consommateur commande sur internet, sur sa tablette ou son smartphone et va le retirer en un délai très court (24 h maximum) dans son magasin le plus proche. C’est le click & collect. Méthode d’achat qui permet souvent au magasin, lors de la visite physique de son client, de lui proposer un autre produit…

Le magasin peut servir à commander directement sur place ce qui n’existe pas dans le magasin mais peut être présent sur le web. Il faut donc transformer une partie du magasin de comptoir de commande sur internet.

Le magasin peut servir à retourner gratuitement des produits achetés sur internet et qui ne conviennent pas.

Enfin, le magasin peut avoir un rôle différent, celui d’entrepôt, permettant à partir de ce point de proximité de livrer en 2 ou 3 heures des clients. De nombreuses entreprises comme Deliver.ee ou Colisweb se sont spécialisées sur ce créneau appelé le ship from store.

Cette chaîne complète du cross canal, incluant le web mais aussi toute l’organisation logistique constitue un enjeu majeur pour tous les groupes de distribution, au risque de se trouver décalé par rapport aux besoins du consommateur et donc tout simplement son marché.

Vivarte a, ou avait, un atout majeur par rapport aux pure players du secteur de l’habillement et de la chaussure, c’est la présente physique d’un maillage exceptionnel de points de vente, qui constituent chacun des mini espaces logistiques de proximité.

Ce Nième épisode de l’évolution du commerce, aussi dramatique soit-il, montre que le cross canal est plus que jamais au cœur de toutes les évolutions de la consommation.

Un magasin, a fortiori de vêtement ou chaussures, secteur privilégié des pure players, ne sera jamais plus un simple point de vente. Sa fonction numérique et logistique sera essentielle.

2015 sera-t-elle l’année de la logistique urbaine ?

Quelques événements marqueront sans aucun doute l’année qui débute mais avec de nombreuses incertitudes.

Tout d’abord, la transition énergétique voulue par les autorités politiques de tous bords pourrait être mise à mal par un coût très bas du pétrole, si celui-ci perdure. Comment convaincre les consommateurs ou les transporteurs d’investir dans des véhicules électriques chers alors que l’essence et le diesel sont très bon marché ?

La réglementation environnementale est clairement et pour plusieurs années reléguée aux oubliettes après l’arrêt de l’écotaxe, qui coutera 839 millions €.

Un des sujets sera alors d’utiliser les portiques qui deviennent la propriété de l’Etat. On peut imaginer que certaines régions comme l’Ile de France ou l’Alsace proposent des utilisations et taxations régionales. Ce serait probablement la meilleure solution de sortie de ce dossier épineux.

Les recettes de l’écotaxe devaient surtout participer au financement de nombreuses infrastructures de transport de voyageurs et de marchandises indispensables aux évolutions de la mobilité. Quelles seront les nouvelles sources de financement proposées ?

Le diesel probablement mais peut-être également d’autres sujets comme les péages autoroutiers. Nous y verrons probablement plus clair dans les prochains mois.

L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes sera-t-il confirmé ou abandonné ? L’année 2015 sera une étape clé pour l’avenir de ce projet très contesté.

2015 verra sans aucun doute le développement des réseaux de consignes pour les livraisons B to C. La France va pouvoir rattraper une partie de son retard sur l’installation en infrastructures de consignes, indispensables à l’amélioration de la distribution du dernier kilomètre B to C. Deux réseaux, Packcity et Abricolis ont prévu de se déployer sur l’ensemble du territoire en 2015. Les consignes deviendront une alternative aux points relais traditionnels et constitueront sans aucun doute un des principaux moyens de retrait des colis.

2015 sera-t-elle l’année des Centres de Distribution Urbaine ? Certains projets notamment à Paris, pourraient voir le jour en 2015 ou 2016. Ils peuvent constituer de véritables solutions afin de réduire le nombre de véhicules dans la capitale. Le Conseil de Paris délibérera sur le plan antipollution, récemment annoncé,  qui comprend un volet marchandises. L’ambition de la municipalité dans ce domaine est importante et aboutira inévitablement à des mesures choc. Paris affiche la volonté d’être une ville pilote sur le plan de la logistique urbaine. C’est une excellente nouvelle.

L’accélération des flux nécessitera en 2015 le développement et l’invention de nouvelles solutions. L’enjeu de la livraison jour J devient énorme et nécessitera des organisations. Le ship-from-store, solution visant à expédier directement des magasins des produits achetés sur internet, dans un rayon de proximité permettant une livraison en 2 ou 3 heures, se développera sans aucun doute.

Le groupement HEC Transports animera le 2 avril sur la SITL une conférence sur ce sujet important.

Que deviendra le modèle Uber en 2015 ? Même si l’interdiction du service est actée dans l’immédiat, on peut imaginer que le législateur ne pourra pas s’opposer aux évolutions normales des formes de mobilités dans les villes, qu’elles soient pour les passagers ou pour les marchandises. Uber a le mérite de faire bouger les lignes.

La Loi Macron, qui prévoit notamment la libéralisation des lignes d’autocar, afin de faciliter les transports interurbains, compensant notamment les prix souvent élevés du train, sera-t-elle suivie en 2015 de la libéralisation d’autres pans de l’économie des transports ?

2015 sera-t-elle l’année de l’extension de l’économie collaborative à la livraison et à la logistique ? L’importance prise par ces services aux Etats-Unis laisse penser que cette tendance profonde de modification logistique traversera l’Atlantique. La récente levée de fonds du site web Instacart de 210 millions $ montre l’enjeu de la livraison du dernier kilomètre et les nouveaux modèles à inventer. L’épisode Uber, qui s’attaque de plein front à la corporation des taxis, laissera-t-il la place à de nouveaux modèles, qui permettront de créer des services aux consommateurs et de l’emploi sans concurrence directe avec les professions installées?

Une chose est certaine : la logistique urbaine ne se fera pas dans l’avenir sans une dose d’économie collaborative.

Bonne et heureuse année logistique 2015 !

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