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SITL 2018 : le bilan des tables-rondes logistique urbaine

La SITL 2018 a été marquée par un programme très complet de tables-rondes autour de la logistique urbaine. Les 4 tables-rondes organisées, animées par Jérôme Libeskind et Bruno Durand, ont constitué des temps forts de cet événement.

La première table-ronde : livraison dans l’heure ou livraison à l’heure a été l’occasion de confronter les modèles de livraison instantanée. Pourquoi nous faisons-nous livrer immédiatement, quels sont les besoins ? Une question pertinente de la salle nous interpellait. Ne pouvons-nous pas nous faire livrer plus lentement afin de mieux consolider les livraisons et livrer plus propre ? Cette question pertinente reste toutefois décalée par rapport aux pratiques. Laetitia Dablanc (IFSTTAR) nous expliquait que les livraisons instantanées représentent déjà 3 à 5% des flux à Paris mais 10% à New York. Colisweb nous a exposé ses différents modèles déjà déployés dans 30 villes, en ship-from-store au départ des magasins ou des drives. Star’s Service nous a expliqué que ces livraisons rapides font partie du modèle de l’entreprise, qui souhaite toutefois le maintenir son schéma d’emploi de CDI, certes plus cher que le modèle d’autoentrepreneur, mais plus stable et gage de qualité. Arnaud Marlois (Fleeters) a développé une application qui s’adresse aux distributeurs, pas seulement dans les grandes métropoles. Stéphane Tuot (Franprix), a expliqué l’enjeu de la livraison instantanée pour un distributeur, afin de faire face aux grands e-marchands. Franprix a toujours été innovant en termes de services au consommateur et la livraison instantanée en fait partie.  Trouver un équilibre entre modèle social, environnemental et réponse au besoin d’instantanéité du consommateur est un vrai défi, au cœur des problématiques de la logistique urbaine.

La seconde table-ronde traitait des enjeux de la data dans le dernier kilomètre. Il y a fort longtemps que le transport ne se limite pas à des activités de mouvement physique des marchandises. La data est au cœur de toutes les préoccupations. Elle concerne par exemple le modèle des plateformes d’intermédiation, en plein développement. Elisabeth Charrier (FNTR) nous a expliqué la position de la profession visant à ne pas rejeter ces plateformes, qui constituent un progrès technologique, mais à garantir une confidentialité des données et à ne pas entrer dans un schéma de dépendance. Michel Leclerc, avocat spécialisé dans les plateformes et l’économie collaborative (Parallel avocats), nous a rappelé le cadre juridique de ces plateformes, qui pour beaucoup d’entre elles ne sont pas commissionnaires de transports et nous a expliqué l’état des débats européens sur ce sujet. Eric Petit (Ecologie Logistique), nous a expliqué son travail afin de géolocaliser les flux d’un messager et les enjeux de l’optimisation des flux pour un transporteur. Xavier Hua (Institut du Commerce) nous a brièvement rappelé les travaux qui ont été effectués sur l’ultramutualisation et leur possible application pour la logistique urbaine. Isabelle Bardin a insisté sur le manque de données fiables à l’échelle d’un territoire urbain, permettant de simuler de façon optimale les flux de marchandises. Isabelle Bardin a également évoqué le sujet des CDU, basé sur les échanges de données entre transporteurs afin de regrouper les livraisons. Le bilan des CDU en France reste mitigé. Enfin Stéphane Cren (GS1) nous a présenté les tous derniers travaux de GS1 sur la mutualisation des flux et les prises de rendez-vous.

  

Jeudi 22 mars, la 3ème table-ronde de ce programme était centrée sur les expériences suisses et allemandes en logistique urbaine. Le benchmark international est indispensable afin de partager la connaissance et progresser dans les solutions. Matthias Hormuth (PTV group) nous a expliqué l’implication du groupe PTV dans la mise en œuvre d’outils afin d’optimiser la logistique urbaine, notamment pour les livraisons en cargocycles. Ville Heimgartner (Imagine Cargo) nous a présenté le modèle de cette entreprise, déployée en Suisse, Allemagne et Autriche visant à livrer les villes en vélocargos et utiliser, pour les trajets importants, des conteneurs positionnés dans les trains régionaux. Harry Salamon (Mercedes Benz) nous a expliqué l’expérience réalisée à Zürich de collecte de produits en drones et atterrissage du drone sur un véhicule Mercedes afin d’effectuer le dernier kilomètre. Samuel Denaes (Kratzer automation) nous a expliqué l’intérêt du TMS développé afin d’optimiser les flux en ville.

La dernière table-ronde de ce cycle, dont le vaste sujet couvrait les drones, robots de livraison et cyclologistique, a probablement été celle qui a attiré le plus grand public. Jean-Luc Defrance (Geopost) nous a expliqué comme le drone peut être un moyen efficace de livraison dans des zones reculées. La technologie du drone évolue très vite et les obstacles naturels (vent, pluie, altitude, port de charge) deviennent de moins en moins contraignants. Par contre, la réglementation reste complexe, notamment en milieu urbain. Vincent Talon (TwinswHeel) nous a expliqué que le droide développé, déjà en service, peut permettre de réduire les coûts de la livraison, tout en restant 100% propre. Bruno Durand a souligné que les matériels présentés ont tous leur place en ville, avec toutefois des segments et des utilisations différentes. Xavie Laÿ (Bluedistrib) nous a exposé les multiples modèles de Bluedistrib, notamment l’utilisation des consignes afin de recharger des scooters électriques ou comme micro-espace logistique urbain. Francisco Luciano, longuement applaudi, nous a expliqué avec passion l’efficacité des modèles de cyclologistique afin de livrer les villes. Le vélo n’est pas du marketing en logistique, les avancées technologiques permettent de mettre en place des modèles logistiques pertinents avec des biporteurs, des vélos remorques, des cargocycles ou des quadricycles. Francisco Luciano nous a présenté un vélo (donc moins de 250 w) avec 6 roues, permettant d’augmenter la charge. La cyclologistique n’en est qu’à ses débuts et constituera sans aucun doute une solution pour les centres villes, à condition de disposer d’espaces logistiques de proximité permettant d’effectuer la rupture de charge.

  

Merci à tous les intervenants à ces tables-rondes, qui ont accepté de partager leur connaissance, leur expérience et échanger avec la salle sur les différents modèles.

CES Las Vegas : les robots et véhicules autonomes sont les vedettes

Le rendez-vous mondial de l’électronique nous apporte son lot d’innovations. Les medias, qui relaient les keynotes et présentations mettent l’accent sur l’IOT et les robots.

Jamais probablement nous n’avons vu autant d’initiatives de robots et véhicules autonomes. Essayons de résumer quelques-unes des principales innovations pour ce qui concerne le dernier kilomètre et la livraison urbaine.

La principale innovation nous vient de Toyota. Le véhicule e-Palette, présenté lors du CES, est un véhicule autonome hybride. Contrairement aux autres concepteurs de véhicules autonomes, Toyota ne s’est pas contenté d’automatiser un véhicule et le rendre autonome. Il a revu intégralement le concept même du véhicule et s’est posé la question de savoir à quoi sert un volume qui se déplace sur un territoire. Il en est arrivé à différentes utilisations : transporter des personnes, leur permettre de travailler, déplacer un atelier (en l’occurrence un fab lab), transporter des marchandises.

Le véhicule devient, grâce à l’e-Palette, un véhicule hybride de transport de personnes et de marchandises. C’est là une très importante innovation que les constructeurs avaient tout simplement oublié. Un véhicule peut servir à plusieurs usages. C’est ce concept qui avait fait, dans les années 1980, le succès du véhicule VW Combi. Toyota va plus loin en l’adaptant aux commerces ambulants, aux circuits courts.

En sorte un vrai projet de mutualisation et une révolution dans la conception des véhicules.

Autre innovation présentée sur le CES, celle du Robomart. Cette startup californienne a réinventé l’épicerie ambulante. Ce véhicule autonome, extrêmement innovant et design, est prévu pour pouvoir livrer des fruits et légumes, des produits frais ou des plats chauds. Le véhicule est un concentré de technologie qui cumule autonomie du véhicule et autonomie du magasin, détectant les produits qui sont prélevés afin de facturer l’achat. En quelque sorte le magasin sans caisse, comme le testent actuellement Amazon, JD.com, Alibaba, Auchan et Walmart, mais intégré dans un véhicule autonome, qui se déplace chez le consommateur. Une autre vraie révolution !

Citons parmi les principales innovations annoncées celle de la start-up californienne UDELV qui présente un projet de véhicule autonome de livraison de colis qui pourrait être testé prochainement à San Fransisco.  Autre annonce, celle de Ford qui propose de développer des véhicules autonomes de livraison en partenariat avec Instacart.

Les petits robots autonomes de livraison sont aussi très présents au CES. Citons la toute nouvelle version du robot de la start-up française TwinswHeel, présentée en avant-première à Las Vegas.

Robot TwinswHeel dans les allées du CES de Las Vegas

Autre modèle présenté, celui de la start-up californienne Robby Technology, qui est testé à Los Angeles par Postmates et Top Chef pour la livraison de repas.

Le nombre de modèles de petits robots de livraison devient impressionnant. La fonction de véhicule suiveur, donc permettant à un livreur de réduire son poids de charge et être accompagné d’un robot qui porte des marchandises, semble promise à un grand avenir. Le petit véhicule autonome reste une perspective, même si techniquement, il est de plus en plus opérationnel. Quel sera le modèle économique ? Comment les villes accepteront ces nouveaux véhicules ? Où rouleront-ils ? Comment accéderont-ils au destinataire ?Autant de questions auxquelles il conviendra de trouver des réponses.

CES Las Vegas : robots and autonomous vehicles are the stars

The worldwide meeting of electronics brings us its lot of innovations. Media, which relieve keynotes and presentations put the emphasis on IOT and robots.

Never probably we saw so many initiatives of robots and autonomous vehicles. Let us try to present some of the main innovations as for last mile and urban delivery.

The main innovation comes from Toyota to us. The vehicle e-Palette, introduced during the CES, is a hybrid autonomous vehicle. Contrary to other manufacturers of autonomous vehicles, The vehicle designed by Toyota is not an ordinary vehicle becoming autonomous. Toyota imagined completely differently the concept itself of the vehicle and particlarly  what a volume of a car is used for. Toyota arrived at different uses there: people transportation , working space, small factory use (in this case a fab lab), goods transportation.

The vehicle becomes, thanks to the e-Palette, a hybrid vehicle of transport either of persons and of goods. It is a very important innovation there that the manufacturers had simply forgotten. A vehicle can be of use for several manners. It is this concept which had made, in 1980s, success of the vehicle VW Combi. Toyota goes farther by adapting it to itinerant trade.

Therefore a true mutualisation project and a revolution in the conception of vehicles.

 

Other innovation introduced on the CES, the Robomart. This californian start-up reinvented the ambulant grocery. This autonomous, extremely innovative vehicle and design, is envisaged to be able to deliver fruits and vegetables, fresh products or hot meals. The vehicle is a concentrated solution of technology which combines autonomy of the vehicle and autonomy of the shop, discerning the products picked by the customer to invoice the purchase. In a way the shop without cash register, as test it currently Amazon, JD. com, Alibaba, Auchan and Walmart, but included into an self driving vehicle, which moves at the consumer’s. Another true revolution!

Among main announced innovations during the CES, we chose the one of the Californian start-up UDELV which introduces a future autonomous delivery van  which could be tested shortly in San Fransisco. Other announcement, that of Ford who offers to develop autonomous delivery vehicles in partnership with Instacart.

The small autonomous delivery robots are also very present in the CES. For example the very new version of the robot manufactured by the French start-up TwinswHeel, introduced in exclusivity in Las Vegas.

TwinswHeel Robot during the CES Las Vegas

Another presented robot is the one of the Californian start-up Robby Technology, which is tested in Los Angeles by Postmates and Top Chef for meal deliveries.

The number of models of small delivery robots becomes impressive. The function of a following vehicle , therefore allowing to a delivery man to reduce its weight of load and to be accompanied with a robot which carries the goods, seems promised to a big future. The small autonomous vehicle remains a perspective, even if technically, it is more and more operational. What will be the economic model? How cities will accept these new vehicles? Where will they run? How will they achieve the addressee? So many questions for which it will be necessary to find answers.