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Election présidentielle, demandez le programme !

Logistique urbaine, dernier kilomètre, transport de marchandises… Quelles sont les propositions des candidats à l’élection présidentielle ? … ou l’absence de propositions ?

François Fillon

Le programme de François Fillon comprend la mise en place d’un statut juridique de prestataire indépendant pour les autoentrepreneurs et le relèvement du seuil de chiffre d’affaires à 50 000 €. Le développement du statut d’autoentrepreneur dans le secteur du dernier kilomètre sera ainsi encouragé au travers des dispositions légales. Il est rappelé que le nombre d’autoentrepreneurs est passé en 4 ans de 487 000 à plus d’un million. Le secteur du transport (voyageurs et marchandises) est le premier secteur d’emploi des autoentrepreneurs. Il est donc clairement concerné par cette mesure.

Concernant la politique environnementale, il s’agit ici de privilégier certains moyens ou modes de transports plus « doux », en milieu urbain, régionaux ou de longue distance, pour le transport de voyageurs, comme pour celui des marchandises, et à développer une approche plus globale de la mobilité, de bout en bout.

L’Etat ou les Régions pourront continuer à subventionner l’achat de véhicules électriques, comme c’est déjà le cas, tout en jouant un rôle majeur dans la mise en place des infrastructures de recharge rapide, par exemple dans les stations à essence. Ils utiliseront aussi la commande publique pour privilégier l’électrique.

François Fillon propose également de donner aux régions toutes les compétences sur le territoire afin d’organiser le transport et la mobilité. Cela concerne notamment les projets de nouvelles infrastructures tels que canaux. Il est en effet proposé de privilégier l’utilisation du rail et des canaux pour le transport de marchandises.

Benoît Hamon

Benoît Hamon propose une taxe sur les robots, qui concernera donc directement les initiatives naissantes de robotisation du dernier kilomètre et de la logistique urbaine et les projets industriels qui pourraient en découler.

robot droide français  TwinswHeel à Las Vegas

Benoît Hamon propose de requalifier les collaborateurs des sociétés uberisées en salariés. Cela concerne directement les nombreuses entreprises et start-ups du dernier kilomètre qui emploient des autoentrepreneurs.

Benoît Hamon propose une sortie du diesel en 2025, donc dans 8 ans en finançant notamment un programme de recherche sur l’autonomie des batteries. L’aide au développement des circuits courts devrait permettre de réduire la pollution liée aux transports. Une TVA différenciée sur les produits à faible empreinte carbone sera mise en place.

Emmanuel Macron

Les informations disponibles sur le programme d’Emmanuel Macron ne permettent pas de définir des orientations sur le transport et le dernier kilomètre.

Concernant le projet d’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes, Emmanuel Macron, après avoir indiqué qu’il respectera les résultats du référendum, décide … d’attendre 6 mois pour évaluer les avantages et inconvénients de l’aéroport. Donc décide de ne surtout pas décider…

Jean-Luc Mélenchon

Un livret thématique sur l’uberisation est prévu dans le programme de Jean-Luc Mélenchon pour … janvier 2017 (nous sommes le 9 février à la date de rédaction de cet article). Un autre livret thématique sur les transports est prévu pour février, comme celui pour l’énergie et celui sur l’aménagement du territoire.

En l’absence de ces livrets, objet d’une démarche participative, le programme de JL Mélenchon sur les transports et notamment la logistique urbaine, semble imprécis, voire inexistant.

Yannick Jadot

Yannick Jadot propose l’abandon de certains projets comme l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes et le tunnel Lyon-Turin. Il propose de restaurer la taxe poids lourds.

Yannick Jadot propose d’engager une révision complète du schéma national des infrastructures.

Le programme de Yannick Jadot sur les transports semble très imprécis.

Marine Le Pen

Il est prévu dans le programme de Marine Le Pen de regrouper en un seul ministère l’aménagement du territoire, les transports et le logement. Il est également proposé de développer une filière française de l’hydrogène.

Apparemment, aucune autre proposition n’est effectuée dans le programme de Marine Le Pen sur les transports de marchandises et la logistique urbaine.

Nicolas Dupont-Aignan

Les mesures proposées sur la transition énergétique, notamment une prime pour le renouvellement de véhicules polluants ne semblent concerner que les véhicules particuliers. Il est également proposé de mettre en place des bordes de recharge dans les 11 000 stations-service. Mais s’agit-il de bornes rapides ? Rien n’est mentionné.

Nicolas Dupont-Aignan propose d’interdire totalement la circulation des camions sur les autoroutes les jours de grande affluence. Il propose de développer le ferroutage, sans autre précision.

Nicolas Dupont-Aignan s’intéresse particulièrement aux commerces de proximité et propose la création de 5000 commerces multi-services dans les communes de moins de 2000 habitants, qui auront différentes fonctions, notamment celle de livraison à domicile.

Pour conclure, comme nous le constatons souvent, le transport de marchandises est absent des propositions de la plupart des programmes. Essayons maintenant de mettre des mots et un avis sur les quelques propositions…

François Fillon nous promet un développement massif de l’uberisation du dernier kilomètre, dont les enjeux sur l’emploi semblent importants. L’état se désengage encore plus des transports au profit des régions. La transition énergétique continue mais de façon assez imprécise pour ce qui concerne les marchandises.

Benoît Hamon met fin à l’uberisation et taxe la robotisation. Il est fort à parier que la délocalisation logistique au profit des zones frontalières belges et allemandes sera massive si ces mesures sont appliquées. Les emplois créés seront surtout … des emplois de frontaliers. La filière de l’industrie de la robotisation logistique, potentiellement créatrice d’emplois et d’innovation, échappera à la France.

Emmanuel Macron ne nous apporte pour le moment aucune réponse. Ce n’est manifestement pas un enjeu.

Jean-Luc Mélenchon nous annonce des livrets thématiques. Donc attendons…

Yannick Jadot n’apporte pour le moment aucune proposition concrète sauf à arrêter 2 projets contestés. Nous pouvons regretter qu’un candidat écologiste ne communique pas plus de propositions précises sur les enjeux environnementaux majeurs que représentent la logistique urbaine.

Marine Le Pen ne propose rien en dehors du développement de la filière de l’hydrogène.

Nicolas Dupont-Aignan est le seul à proposer une fonction logistique à des commerces de proximité en milieu rural. Mais en dehors de ce sujet important, et traité de façon précise, aucune proposition concrète ne semble être émise.

Faut-il taxer les robots ?

Un candidat à l’élection présidentielle a récemment proposé de taxer les robots. Cette idée vient du principe, notamment mis en exergue par une étude de l’Université d’Oxford, que 47% des emplois seraient automatisables d’ici 20 ans.

La logistique, et probablement la logistique urbaine, comme d’autres secteurs de l’économie (caisses de supermarchés par exemple) sont directement concernée par cette mesure.

L’automatisation dans les entrepôts n’est pas nouvelle. Les transtockeurs à palettes existent depuis les années 1980, comme les chaînes de mécanisation de tri de colis.

La machine elle-même est significative de progrès technologique, gain de productivité et baisse des coûts de production, amélioration de la qualité et surtout baisse des risques dus au travail physique et à la pénibilité. Depuis le 19ème siècle, la machine remplace l’homme dans des tâches industrielles nombreuses.

La robotisation ne serait-elle que la continuité de cette tendance qui nous vient de la révolution industrielle ? La France est-elle un pays plus favorable que d’autres pour un développement de la robotisation ? Nous allons essayer de donner quelques pistes de réflexion pour le sujet qui nous concerne.

La robotisation (nous ne parlons plus d’automatisation et encore moins de mécanisation), apparaît dans la logistique avec notamment plusieurs orientations.

Tout d’abord, les entrepôts automatisés (les transtockeurs) ont vu leur champ d’action passer de la gestion des palettes à la préparation de commandes au colis. Ainsi, les entrepôts robotisés de E. Leclerc ou Intermarché, avec des technologies comme celles de Witron ou Vanderlande, constituent une évolution majeure dans la logistique. Gains de productivité, meilleur utilisation de l’espace, mais évidemment moins d’emplois.

Autre exemple dans la logistique e-commerce. La technologie « goods-to-man » qui permet au préparateur de rester à poste fixe et à l’étagère de stockage de se déplacer vers l’opérateur, constitue une évolution (et peut-être une révolution) dans le fonctionnement d’un entrepôt. Cette technologie est massivement développée par Amazon, qui a acquis le concepteur de ces robots, Kiva systems, transformé en Amazon robotics. Amazon mentionne clairement que son objectif est d’abord de réduire le coût de préparation de commandes dans un secteur en très forte croissance. La société française Scallog propose des solutions équivalentes, mises en place dans plusieurs sites logistiques.

Sur le plan de la livraison, nous assistons à l’émergence des véhicules autonomes (donc robotisés), des robots-droides de livraison de colis, des drones. Il s’agit là de robotiser le travail de transport d’un colis et d’acheminement au consommateur. Nous parlons d’émergence car nul ne sait encore quelles en seront toutes les applications et quelle sera la portée de ces technologies sur le métier de la livraison.

Ces quelques exemples montrent que, bien sûr, les robots trouvent en France un terreau favorable, du fait du coût de la main d’œuvre peut-être plus élevé que dans de nombreux pays.

Mais la robotisation est aussi accélérée par la réglementation sur la pénibilité du travail. Amazon, car c’est lui qui était visé, bien que ce fait concerne l’ensemble des entrepôts e-commerce, était par exemple accusé d’accentuer la pénibilité du travail en « forçant » ses préparateurs de commande à marcher 10, 12 kilomètres par jour, voire plus.

La robotisation produit plusieurs effets comme l’a été la mécanisation dans le passé :

  • Réduire la pénibilité du travail
  • Réduire l’emploi dans des tâches primaires et répétitives
  • Réduire les coûts de production
  • Améliorer le niveau de qualité et de régularité du travail

Cela s’appelle probablement le progrès technologique. Taxer le progrès reviendra probablement à accélérer la délocalisation vers des pays qui non seulement l’acceptent, mais l’encouragent.

Une autre option, et c’est celle-ci que ce blog soutient, est non seulement de ne pas taxer la robotisation, mais d’encourager les start-ups qui développent des concepts de robotisation, de les aider, de les accueillir, afin que la robotisation devienne une filière française, et pas seulement allemande, américaine ou chinoise. Il s’agit là d’un énorme champ d’opportunités dans un marché qu’une simple taxe n’arrêtera pas. Le progrès n’a jamais été freiné par l’impôt.

Bonne année logistique urbaine 2017 !

En 2016, le blog de Logicités a été consulté par 8 654 internautes correspondant à près de 12 000 sessions. Ce sont en tout 37 451 pages qui ont été consultées.

Ces internautes proviennent bien sûr majoritairement de France, mais aussi de Belgique, du Maroc, d’Allemagne, du Royaume-Uni, des Etats-Unis, d’Espagne, de Suisse, des Pays-Bas… Ce sont globalement des visiteurs de 94 pays de la planète qui ont pu consulté ce blog, malheureusement encore majoritairement en français.

Merci à tous ces visiteurs qui ont pu consulté les informations, les articles de fond, les liens vers des articles de presse, videos ou conférences sur la logistique urbaine ou le dernier kilomètre. 26 articles nouveaux ont été publiés en 2016 sur le blog Logicités.

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Logicités a aussi diffusé sur les réseaux sociaux le Panorama Logicités du Crowdshipping qui, à lui seul, a été consulté plus de 2000 fois sur Slideshare.

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