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L’année 2016 était-elle un grand cru pour la logistique urbaine ?

Les années passent et ne se ressemblent pas. L’an passé, à la même époque, le blog de Logicités proposait, parmi les nombreux évènements de l’année 2015, 5 bonnes et 5 mauvaises nouvelles.

Les 5 mauvaises nouvelles étaient

  • La baisse du prix du gazole
  • La liquidation de la société Muses : la transition énergétique tarde à se mettre en œuvre
  • L’arrêt du projet d’autoroute ferroviaire Atlantique
  • La décision de reprise des travaux de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes
  • La disparition de Mory

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COP 21 : la logistique urbaine s’expose

L’événement de la COP 21 ne se situe pas encore au Bourget. Il est dès aujourd’hui et jusqu’au 13 décembre à la Villette. Dans le cadre du Paris de l’avenir, un parcours d’innovations autour de la mobilité et de la logistique est organisé en plein air.

Bravant le froid et les embouteillages parisiens, le démonstrateur de tramfret nous est arrivé, presque sur ses rails, de Saint-Etienne. Présenté par Efficacity et Joël Danard, ce tramway vaut à lui seul la visite pour tous les passionnés de logistique urbaine.

Il s’agit là d’une ancienne rame de type PCC des années 1960, qui pourra dès son remplacement prochain, être transformée afin de servir de support à une opération de logistique urbaine. La ville de Saint-Etienne se prête bien à une telle initiative, disposant d’un réseau qui dessert facilement tant les zones périphériques que le centre-ville.

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La voiture présentée actuellement pourra alors être transformée en retirant les aménagements intérieurs afin de libérer l’espace et en créant de larges ouvertures afin de pouvoir charger des marchandises. L’étape suivante pourra alors être de conteneuriser la marchandise afin d’éviter les manutentions.

Le tramfret, peut constituer, dans des villes disposant d’un réseau interconnecté et dense, une alternative pertinente à la route, sur des rames dédiées intercalées entre les rames voyageurs ou la nuit, lorsque les trafics de passagers sont arrêtés ou espacés.

Si le tramway a souvent été utilisé pour les marchandises dans le passé, peu d’expériences ont été mises en œuvre en Europe. Les deux expériences les plus emblématiques sont celles de Zürich et de Dresde. Le Cargo-Tram de Zürich utilise aussi, de façon très pragmatique, une ancienne rame afin de tracter une déchetterie (encombrants et DEEE). Le Cargotram de Dresde permet de relier un entrepôt de pièces automobile à une usine de montage, avec des flux réguliers.

La présentation du projet de  tramfret de Saint-Etienne interpelle. En effet, si sa mise en œuvre opérationnelle n’est pas encore effective, la présence d’un matériel réutilisable constitue une première étape. L’exposition va plus loin en équipant d’adhésif le tramfret et simulant les marchandises. Des rolls et colis sont également positionnés à l’intérieur, pour montrer que ce sera bientôt une réalité.

Il ne restera donc plus qu’à organiser une chaîne logistique complète afin d’utiliser le futur tramfret et permettre une réduction significative du nombre de camions dans l’agglomération.

Cette exposition nous révèle quelques autres surprises.

Tout d’abord, le camion Maxity électrique de Renault Trucks, avec pile à combustible, testé en environnement réel par La Poste dans le Jura, est présenté. Ce camion est rechargeable à l’hydrogène, en quelques minutes seulement. La pile à combustible permet à ce véhicule expérimental de doubler l’autonomie, de 100 à 200 km. Ce projet a fait l’objet d’un large exposé lors du récent colloque sur la logistique urbaine à l’Ecole Centrale de Lyon, organisé par l’ASLOG. Sa présentation à Paris est en soi un évènement.

Le même stand nous expose un véhicule Kangoo à hydrogène.

Véhicule Maxity électrique à pile à combustible

Véhicule Maxity électrique à pile à combustible

Un stand DHL nous montre le véhicule de livraison électrique HELEM. Le Colibus, développé par cette société et construit en France, permet de répondre aux besoins des livraisons urbaines de proximité, pour des petits colis.

Véhicule Colibus Helem

Véhicule Colibus Helem

La liquidation récente, faute de repreneur, de la société Muses, constructeur du véhicule Mooville, montre que le modèle économique et l’absence d’intérêt pour ce type de véhicule par les grands constructeurs doit nous interpeler sur la nécessité des pouvoirs publics d’investir plus dans la transition énergétique et d’accélérer la mise en œuvre des réglementations nécessaires.

Les pionniers que sont les innovateurs de matériels et de solutions de logistique urbaine sont mis en évidence lors des opérations de communication comme celle de la COP 21 mais se heurtent à l’absence d’aides et de contraintes réelles dans la plupart des villes.

Enfin, le Paris de l’avenir nous montre une maquette du navire fluvial écologique « Deliriver », imaginé par Segula technologies et la Communauté d’Agglomération de Mantes en Yvelines (Camy).

La bonne nouvelle de cette exposition est que la logistique a enfin une présence affirmée au sein de l’ensemble des solutions de mobilité dans les villes.

La logistique urbaine devient un sujet d’intérêt pour le public.

La formidable dynamique de la SITL, qui vient tout juste de s’achever, incite les journaux nationaux à aborder ce sujet, pourtant technique.

Le Journal du Dimanche, dans son édition parisienne, vient de consacrer une pleine page au potentiel de la logistique fluviale à Paris.

En effet comment expliquer au public que la voie fluviale était pendant des siècles le principal axe de livraison de la capitale et qu’aujourd’hui, le principal mode de distribution soit la route, avec comme conséquence sa panoplie d’externalités négatives ?

Le mode fluvial retrouve une certaine dynamique grâce aux efforts de Ports de Paris mais aussi de certains chargeurs.

Le principal potentiel du fluvial est le transport de pondéreux. Le futur chantier du Grand Paris constitue une formidable opportunité pour le fluvial. En effet, la compétitivité du fluvial se trouve sur la massification. Pour les produits pondéreux, elle existe d’origine.

Cependant, pour aider les flux à s’organiser dans ce sens, le rôle des pouvoirs publics est de prévoir des clauses environnementales précises dans les Cahiers des Charges d’appels d’offres publics.

Mais la logistique urbaine de produits finis constitue également un potentiel non négligeable, à l’instar de l’expérience de Franprix.

Comme de nombreuses réalisations de logistique urbaine, elle représente un surcoût, partiellement, mais de moins en moins supporté par l’Etat, en période de restrictions budgétaires.

Réinventons alors le bonus-malus. Faire payer par les moins vertueux les surcoûts supportés par ceux qui font de vrais efforts pour la collectivité. Une sorte d’écotaxe urbaine, même si le terme n’est plus à la mode.

Pour y parvenir, le meilleur moyen est de connaître la valeur des externalités négatives produites. C’est la mission de l’agence de notation extra financière  European TK Blue.

Les médias nationaux ont un rôle d’éducation du grand public afin de lui faire comprendre que réduire la pollution locale ne passe pas que par la circulation alternée, qui reste une solution palliative prise dans l’urgence. La logistique urbaine fait partie des éléments permettant de réduire de façon durable les externalités négatives dans les villes. Mais elle représente un coût que chacun doit accepter.

Mon livre, « La logistique urbaine, les nouveaux modes de consommation et de livraison » (Editions FYP) va plus loin dans l’analyse historique, l’explication des problématiques et l’étude des solutions d’avenir.

livre logistique urbaine

Events

La logistique fluviale urbaine au service de la métropole

Evénement sur la convention Riverdating le 29 novembre 2017 à 15 h

Une table-ronde sur la logistique urbaine fluviale sera mise en place par Haropa. Jérôme Libeskind, expert en logistique urbaine et e-commerce, participera à cet événement.

Cette table ronde réunira, outre Jérôme Libeskind,

Martine Vasquez, Ville de Paris

Christophe Ripert , DGA de Sogaris

Manuel Garrido, Haropa

Damien Antoni, architectes Syvil

Inscriptions