L’étude ASLOG sur les collectivités locales – La logistique urbaine, où en êtes-vous ?

Pour la première fois, l’Aslog, qui fédère plus de 2000 acteurs de la logistique en France, sur l’ensemble du territoire, a décidé de s’intéresser aux collectivités locales et à leur position sur la logistique urbaine.

Cette étude qui découle d’entretiens et enquêtes auprès de pas moins de 50 collectivités locales sur l’ensemble du territoire, permet de mieux comprendre à la fois la perception de la logistique urbaine par les collectivités locales, les problèmes rencontrés, mais aussi les projets en cours.

Plusieurs constatations dans cette étude peuvent être établies.

Tout d’abord, nous pouvons constater que la perception des problématiques de logistique urbaine reste très hétérogène et souvent peu partagée. Le premier problème mis en avant est celui du stationnement illicite des camions, avant les problématiques environnementales. Le premier sujet est l’attractivité de la ville. Certes, le stationnement des véhicules de livraison pendant les opérations de livraison constitue un sujet,  mais la qualité de l’air l’a également toute son importance.

Point très encourageant, de nombreuses villes réfléchissent à mettre en place, à l’image de Toulouse, Grenoble ou Paris, une charte de logistique urbaine. Il y a donc nécessairement en amont d’une telle réflexion un diagnostic d’effectué et une démarche d’engagée. Cette initiative est à rapprocher du Cadre National pour des chartes de logistique durable en ville, proposé par le Ministère de la transition écologique et solidaire.

Autre résultat surprenant, une ville sur deux n’intègre pas la logistique urbaine dans les documents d’urbanisme. Là aussi, cela se rapproche des problématiques de prise de conscience des enjeux. Rappelons que dans toutes les agglomérations de plus de 100 000 habitants, il est obligatoire de prévoir dans les Plans de Déplacements Urbains un volet marchandise. L’enquête a porté sur des agglomérations de différentes tailles, y compris des villes plus petites.

Près d’une ville sur deux interrogée ne dispose pas d’éléments précis sur la nature et la volumétrie des flux entrants et sortants dans l’agglomération. Là aussi, ce sont probablement des données manquantes qui seraient utiles à l’analyse des solutions possibles afin d’optimiser les flux et réduire les externalités négatives. Plus problématique, certaines villes disposent de données datant d’il y a 10 ans. On peut s’interroger sur la valeur à apporter à ces données alors même que les modes de consommation dans les agglomérations ont fait l’objet de bouleversements lors des dernières années.

Nous retrouvons la même tendance, même peut-être plus marquée, concernant l’existence sur le territoire d’immeuble ou foncier dédié à la logistique urbaine. Pour mieux organiser les flux, il faut prévoir sur les territoires des espaces permettant d’effectuer des opérations de consolidation, de livraison en mode doux à destination des commerces, entreprises et habitants du centre-ville.

Seulement une ville sur trois a mis en place un groupe de travail sur le sujet de la logistique urbaine. Mais, point positif, une ville sur quatre interrogées a le projet d’en mettre un en place. Les efforts entrepris semblent donc progressivement porter leurs fruits au niveau local.

Concernant la transition énergétique, beaucoup d’efforts restent à produire afin de mieux équiper les territoires en stations GNV ou bornes électriques de recharge rapide.

Enfin, près d’une ville sur deux a vu, souvent par des opérateurs privés, se développer des points automatiques de consolidation des retraits de colis e-commerce, les consignes.

Cette enquête nous permet d’effectuer un point d’étape. Les nombreux travaux sur les marchandises en ville n’ont manifestement pas toujours été relayés au niveau local. Certes, certaines agglomérations, souvent les plus grandes d’entre elles, ont pris des initiatives dans ce sens, mais l’enquête met en évidence une grande hétérogénéité, un manque de formation, de communication sur le sujet, de partage des expériences.

Chaque territoire urbain est différent, en fonction de la géographique de la ville, de sa taille, de sa densité urbaine, de ses activités. Mais les axes de travail sont les mêmes : mieux consolider les flux, développer les livraisons en horaire décalé, changer de type de véhicule et d’énergie, mettre en place des solutions de transfert modal, mieux structurer les services aux commerces et aux habitants, mieux organiser les flux e-commerce.

Merci à l’ASLOG pour ce remarquable travail qui permet de mieux comprendre où en est la logistique urbaine sur les territoires !

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