Les mots justes

 

En ces heures dramatiques, ce blog souhaite apporter un message d’espoir et de soutien à ceux qui sont blessés dans leur chair. Que les nombreux messages sur les réseaux et les blogs puissent aider les victimes à comprendre qu’ils ne sont pas seuls.

Avant de revenir sur le cœur de l’activité logistique, ce blog va essayer de se poser sur quelques mots.

Tout d’abord, actualité oblige, le mot  « attentat ». Ce mot a fait l’objet d’une abondante littérature, notamment le travail de Gilles Malandain, publié dans les Cahiers de l’Institut d’histoire de la révolution française. http://lrf.revues.org/368

Nous y apprenons notamment que le mot est déjà utilisé depuis 1326 dans le sens de tentative criminelle ou d’action pouvant porter préjudice à quelqu’un. Au 17ème siècle, le mot est étroitement associé au crime contre l’Etat. Nous nous rendons compte que ce rapprochement est toujours d’actualité. Un attentat a bien pour objectif non seulement de blesser ou tuer des personnes, mais aussi d’atteindre directement l’Etat. Dans le cas présent, le terme attentat est beaucoup plus approprié que le mot  anglo-saxon « attacks », utilisé dans les medias,  qui a une connotation plus militaire et guerrière.

Mais le mot attentat a aussi une connotation intellectuelle, déjà mise en évidence au 17ème et 18ème siècle. Ce mot est d’ailleurs très largement utilisé dans le théâtre, du Cid à l’Ecole des Femmes et la littérature. Atteinte à l’autorité, violation de ce qui doit être respecté, le mot « attentat » prend progressivement un sens très large. Diderot nous parlait des « attentats du méchant contre l’honnête homme ». Ce que nous vivons actuellement n’est pas très éloigné du combat du bien contre le mal.

Cette notion très large du terme s’est ensuite restreinte à un sens juridique de « tentative », probablement de déstabilisation d’un Etat.

Lisons ou parcourons l’énorme travail de l’historien Gilles Malandain, qui nous convainc que le terme utilisé est bien celui qui correspond à la situation que nous connaissons depuis le vendredi 13 novembre.

Afin de contrer et de combattre « l’attentat », apparaît alors la « logistique ». Terme utilisé à tort pour tout ce qui concerne l’organisation d’un évènement ou acte composé de plusieurs étapes qui s’enchaînent, le mot logistique a aussi une histoire, d’ailleurs beaucoup plus ancienne que celle du mot « attentat ».

Logistique ou plus exactement Logistikos, était utilisé par Platon, et signifiait le « calcul pratique », opposé à l’arithmétique théorique. En français, le mot est utilisé depuis 1590 comme adjectif, dans le sens de « qui pense logiquement ». Wikipedia nous apprend aussi que la racine grecque de « Logistique », logisteuo, nous rapproche de la notion d’administrer. Nous nous situons donc bien dans le pratique et le logique, mais aussi l’administration des grands problèmes. La logistique doit guider nos gouvernants à trouver l’issue aux dramatiques attentats meurtriers récents.

Y a-t-il une pensée logique, donc logistique, dans l’action des terroristes qui ont tué sauvagement plus de 120 personnes vendredi ? Pour moi, il y a une logique mais nécessairement une pensée. Nous en sommes très loin. Nous nous situons même à l’opposé de la pensée, qui nécessite un fondement intellectuel.

Le terme Logistique a ensuite un sens militaire. Le « Major général des logis » du 19ème siècle était chargé de loger les troupes, de diriger les colonnes et de les placer sur le terrain. Il était donc un logisticien au sens actuel du terme.

Le terme de « guerre » aujourd’hui utilisé, prend totalement en compte tous les aspects logistiques.

Enfin, le mot « logicité », se situe dans la continuité exacte de la logistique. Il s’agit là de raisonner en termes de logique. Il n’est bien entendu pas choisi au hasard comme nom de ce site web mais n’avait pas été imaginé dans ce contexte dramatique.

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