Charlie Hebdo, est-ce un problème de livraison ?

Nous devons acheter Charlie Hebdo. Oui bien sûr. Mais le problème est qu’il est introuvable.

Les marchands de journaux nous expliquent qu’ils n’ont pas été livrés, laissant imaginer qu’il s’agit là d’un problème de livraison et donc de dernier kilomètre.

En fait, le problème auquel nous sommes confrontés est typiquement un problème de planification de la demande et d’absence d’analyse prédictive. 1 million d’exemplaires, puis 3 millions, maintenant 5 millions. Nous sommes probablement bien loin du compte. Pourquoi une famille de 4 personnes n’achèterait pas 4 numéros ? Le vrai chiffre serait-il donc 65 millions, afin que chaque français puisse avoir son numéro et mieux réfléchir à l’importance des évènements récents pour notre démocratie.

Au-delà du drame de cette tuerie, nous apprenons, chose incroyable à l’heure du numérique, que rien ne remplace l’exemplaire papier. Consulter Charlie Hebdo, sur internet, c’est bien, mais ce n’est pas ce que demande le consommateur. Il veut lire l’exemplaire papier comme à la grande époque des journaux humoristiques.

C’est pour la très grande majorité des français la toute première fois qu’ils lisent Charlie Hebdo. Pour ma part, la lecture de Charlie Hebdo me rappelle les années lointaines du lycée. Certains lisaient Charlie Hebdo, d’autres Minute, ce dernier journal ayant l’avantage, nous expliquait Pierre Desproges, de ne pas avoir besoin de lire Sartre car on avait à la fois la nausée et les mains sales.

L’incroyable situation dramatique actuelle donne curieusement une nouvelle vie à la presse papier. Le Canard Enchaîné devient difficile à trouver, comme Libération, qui augmente son tirage.

La bonne nouvelle, s’il y en a une, c’est que la presse papier, moribonde du fait d’internet, retrouve dans cette situation ses lettres de noblesse. Lire Charlie Hebdo sur internet est bien, mais le lire en vrai, le toucher, le feuilleter, c’est mieux.

Le problème de la livraison, ou de l’absence de livraison est en fait un problème industriel. Editer de façon imprévue un tel nombre d’exemplaires pose évidemment de nombreux problèmes techniques. Le logisticien est alors le bouc émissaire, celui qui ne parvient pas à livrer. Nous logisticiens, nous savons parfaitement faire la différence entre logistique de production et logistique de distribution.

Espérons que ce tirage exceptionnel ne soit pas un acte unique mais que nous continuerons à lire Charlie Hebdo régulièrement, afin que les dessinateurs assassinés restent à jamais dans notre mémoire.charlie

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