La baisse du coût de l’énergie est-elle une bonne nouvelle ?

Le prix du baril de pétrole est presque la moitié de ce qu’il était il y a 6 mois. Ramené au litre, le cours du baril de pétrole est de 0,28 €.

C’est évidemment une bonne nouvelle pour une éventuelle reprise économique, tant attendue en France.

Mais cette situation, si elle se situe dans la durée, remet en cause certains choix essentiels liés à la politique énergétique, notamment autour de la distribution des marchandises.

La politique de transition énergétique est basée sur un prix de l’énergie élevé, qui permettra de développer d’autres moyens de transport, notamment électriques. La mobilité électrique est difficile à amortir en temps normal. Si le coût du carburant reste bas, cette transition énergétique dans les transports prendra nécessairement du retard.

Les villes et notamment Paris, misent sur la sortie du diesel en 2020. C’est un challenge énorme alors même que le diesel reste moins cher pour le consommateur que l’essence. Ainsi, le diesel coûte actuellement environ 1,10 € par litre alors que le super 95 affiche un prix de 1,30 €.

Abandon de l’écotaxe, des Zapa et baisse du prix du diesel ne sont pas des nouvelles qui favorisent une transition énergétique et une sortie du diesel. Sauf si …

Sauf si …

les autorités publiques décidaient de profiter de cette situation pour financer la transition énergétique dans les transports.

La consommation de diesel en France est de 39 milliards de litres, dont 18% seulement pour les véhicules poids lourds.

Une augmentation de 10 centimes du diesel permet ainsi de rapporter sur un an 3,9 milliards €. Ce chiffre est 4 fois supérieur à ce que devait rapporter l’écotaxe.

Ne soyons pas modestes ! La baisse du prix du diesel est une formidable nouvelle, un magnifique cadeau de Noël, à condition de profiter de cette manne pour accélérer la mise en œuvre des projets de transfert énergétique prévus, notamment pour la logistique urbaine.

Comment est-il envisageable sur le long terme que le diesel reste 20 centimes moins cher que l’essence et que les politiques publiques, comme c’est le cas à Paris, prévoient une sortie du diesel, dont nous connaissons les effets catastrophiques sur la santé publique ?

Il est donc souhaitable que la fiscalité sur le diesel augmente et que l’écart de prix entre diesel et essence disparaisse à l’instar de très nombreux autres pays européens. 

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Adapter la fiscalité aux politiques publiques n’est probablement pas une mesure punitive !

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