Qu’est-ce que la transition énergétique ?

Alors que les grandes lignes du projet de loi sur la transition énergétique ont été présentées hier, arrêtons-nous un instant sur la signification du terme « transition ».

Le dictionnaire historique de la langue française nous apprend que « transition » vient du latin « transitio » correspondant à « transir » : « action de passer, passage », mais aussi « défection (passage à l’ennemi) » et « contagion ». Il sert également à désigner un état intermédiaire.

Ces définitions du mot transition m’amènent alors à poser la question suivante :

Une transition énergétique ne serait-elle alors qu’une action temporaire, de passage, un état intermédiaire ? Le terme contagion prouverait que nous sommes malades. Peut-être est-ce en effet le cas. Si notre pays est vraiment malade de sa politique énergétique, cette loi devrait alors plus justement s’appeler loi sur la « contagion énergétique ».

Quoi qu’il en soit et en ce qui concerne la logistique urbaine, les éléments de la loi sont très généraux dans l’immédiat. Le fait majeur, évacué hors de cette loi, est l’écotaxe. Elle n’apparaît évidemment pas. Et pourtant, même si les dispositions de l’écotaxe ont été à juste titre largement critiquées, le principe de faire payer les pollueurs, notamment les camions étrangers qui « transitent » par notre pays (le terme « action de passer » est là parfaitement adapté, comme d’ailleurs la contagion), ne choque plus et n’est pas nouveau. Cette taxe devrait d’ailleurs s’appeler à plus juste titre « transitaxe ».

La logistique urbaine dispose d’un formidable potentiel pour un changement énergétique, avec la distribution électrique, mais aussi les cargocycles, les véhicules au GNV, la logistique à pied, le transfert modal par voie ferroviaire ou fluviale, la consolidation des flux, pour ne citer que quelques exemples.

Ne parler que du passage du diesel à l’électrique, est en ce qui concerne la logistique urbaine, réducteur. S’il est vrai que l’offre de véhicules électriques avec le très bel exemple de Muses, s’étend progressivement, les professionnels sont loin d’imaginer que les 98 000 véhicules qui entrent chaque jour dans Paris, pour ne parler que de cette ville, puissent être un jour électriques. La transition serait probablement l’hybride, qui permet de réduire sensiblement la consommation de diesel et les émissions de particules.

Les spécialistes, que je ne suis pas, ont dû calculer la puissance électrique supplémentaire qu’il faudrait générer. Le problème des batteries deviendrait également un sujet majeur.

Pour revenir à l’histoire, et puisque cette période de juin nous donne quelques signaux forts de souvenir de la Seconde Guerre Mondiale, rappelons que la « transition énergétique » vers le transport électrique a déjà eu lieu en cette période historique. En effet, si, le parc de véhicules électriques dans l’hexagone était de 1000 à la fin des années 1930, il est passé en quelques mois à 8000. De nombreux modèles sont apparus ou avaient été imaginés comme la VLV, construite par Peugeot ou un triporteur électrique conçu la société Paris-Rhône.

véhicule postal électrique pendant la seconde guerre mondiale

véhicule postal électrique pendant la seconde guerre mondiale

La principale raison de cette transition était à l’époque le manque de carburant.

La question qui se pose alors est de savoir si une loi est vraiment nécessaire afin d’inciter les constructeurs à imaginer des modèles et les professionnels à les acquérir et les utiliser.

L’état dispose en effet déjà de tous les leviers tant sur la fiscalité que sur la réglementation pour que cette « transition » ne devienne pas une « défection » et encore moins une « déception ».

2 réponses

Trackbacks (rétroliens) & Pingbacks

  1. […] qui est, pour ce qui concerne les transports, le maillon central de l’actuel projet de loi sur la transition énergétique. L’exemple que nous pouvons prendre est celui de la Slovaquie, qui, par l’intermédiaire de […]

Répondre

Se joindre à la discussion ?
Vous êtes libre de contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *